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. La Mission Enseignement et Religions communique sur le fait religieux
En 2009, la Mission Enseignement et Religions aura 7 ans. Son site Internet, qui a été l'un des aboutissements de la première phase de son travail, fête ses quatre ans ce mois-ci. Ce site avait été inauguré au colloque de mars 2005 au cours duquel avaient été présentés le bilan des réflexions engagées et les outils pédagogiques élaborés par près de 140 personnes durant 3 ans. Quant au réseau des coordinateurs de la Mission Enseignement et Religions, qui se réunit depuis 3 ans, il s'est étoffé et s'est bien implanté dans les nouvelles structures de FORMIRIS.
Les formations se sont elles aussi multipliées, notamment à partir de l'IFER de Dijon, institut missionné au plan national qui assure des formations continues et diplômantes.
D'autres initiatives se développent à Bordeaux, Grenoble, Marseille, etc.
En revanche, dans la mesure où les responsables de l'Enseignement catholique changent, ce travail n'est pas toujours assez connu ou situé par rapport aux autres prises en compte de la question religieuse à l'école. C'est pourquoi les pilotes de la Mission Enseignement et Religions ont refait le point auprès de divers partenaires sur ce qui a été accompli depuis 2002 et sur les enjeux actuels dans un contexte qui a notablement évolué. Ils ont ainsi rencontré les responsables des tutelles congréganistes à l'assemblée générale de l'URCEC le 10 décembre 2008, les directions diocésaines à l'occasion de leur assemblée générale le 12 janvier 2009, la tutelle de l'IFER lors de sa visite à Dijon le 17 février 2009. Ils ont également assisté à diverses réunions de chefs d'établissements organisées par l'ADDEC (comme celle du 15
janvier dernier dans le Nord).
Des éléments de ces différentes interventions sont repris dans les documents mis en ligne ce mois-ci. Destinés à l'Enseignement catholique, ils contribuent aux réflexions poursuivies dans l'ensemble du service public d'éducation. Un symposium organisé par l'IFER à Dijon en octobre prochain les approfondira.

(1) Ce symposium se déroulera à Dijon les 15 et 16 octobre 2009, en partenariat avec le SGEC, FORMIRIS, l'IESR, la Ligue de l'enseignement et d'autres instances ou institutions impliquées dans ce travail de l'enseignement du fait religieux.

. La sainte ignorance
"Pourquoi des dizaines de milliers de musulmans se convertissent-ils pour devenir chrétiens ou témoins de Jéhovah ? Comment expliquer que la religion qui croît le plus vite dans le monde soit le pentecôtisme ? Pourquoi le salafisme, doctrine musulmane particulièrement austère, attire-t-il de jeunes Européens ? Pourquoi si peu de jeunes catholiques entrent-ils dans les séminaires alors qu'ils se pressent autour du pape lors des Journées mondiales de la jeunesse ? [.] Pourquoi la Corée du Sud fournit-elle, proportionnellement, le plus grand nombre de missionnaires protestants dans le monde ? [.] etc. La théorie du clash des civilisations, de Samuel Huntington, ne permet pas de comprendre de tels phénomènes. Car loin d'être l'expression d'identités culturelles traditionnelles, le "revivalisme" religieux est une conséquence de la mondialisation et de la crise des cultures. La "sainte ignorance", c'est le mythe d'un pur religieux qui se construirait en dehors des cultures. Ce mythe anime les fondamentalismes modernes, en concurrence sur un marché des religions qui exacerbe à la fois leurs divergences et standardise leurs pratiques."
(Extrait de la présentation de l'éditeur)
Olivier Roy, La sainte ignorance. Le temps de la religion sans culture, Seuil, 2008, 281 p.
. Repères pour une mission éducative
"[.] Ce livre de Pierre Gire, fruit de nombreuses interventions dans le cadre de formations ou de débats, situe l'Enseignement catholique à l'articulation d'une mission de service public et d'une mission d'Eglise. Trois lignes de forces le structurent :
- la dimension métaphysique de tout être humain, cette ouverture à l'infini ou s'enracine la possibilité même de la créativité culturelle qui soutient le processus éducatif,
- le fait religieux qui se donne une expression objective dans la culture, d'où une pluralité d'approches par l'institution scolaire qui se partagent entre intelligence et expérience de la foi chrétienne et, d'autre part, la compréhension culturelle de l'expression religieuse dans la civilisation,
- la nécessité de penser l'inséparabilité de l'enseignement et de l'éducation en référence aux enjeux actuels majeurs de l'acte éducatif. Ce sont là des outils pour relier les choix pédagogiques, éducatifs et pastoraux quotidiens à l'anthropologie qui les fonde, des perspectives d'inspiration pour le développement d'un authentique dynamisme éducatif."
(Extrait de la préface de Paul Malartre)
Repères pour une mission éducative - enseignement catholique, Pierre Gire, Cerf, 2008.
Pour en savoir plus, lire l'article dans Enseignement catholique actualités, n° 328, déc. 2008-janv. 2009.
. Culture scolaire, culture laïque, culture religieuse
La question de la "culture religieuse" interroge principalement la culture scolaire et en souligne les insuffisances. L'inculture religieuse des élèves n'est pas propre à la France, les pays européens y sont aussi confrontés. Néanmoins, en France, ce problème prend des dimensions et un caractère particuliers, en raison de la "laïcité à la française" et de son histoire. La transmission de la culture scolaire dans le système éducatif souffre aujourd'hui d'une double anémie : un effacement culturel des religions - du christianisme, en particulier - et un appauvrissement du sens.
L'école a ainsi besoin d'un réinvestissement culturel, en redonnant toute leur place aux trois composantes fondamentales de toute culture :
- la mémoire, inscrite dans le patrimoine littéraire, artistique, historique, scientifique ;
- la langue, principal véhicule de la culture, avec ses "langages" poétique, symbolique, technique ;
- les critères d'appréciation, principalement d'ordre éthique et esthétique, et les valeurs.
Mais ce réinvestissement ne sera efficace que s'il s'accomplit dans le registre anthropologique.
. Enjeux épistémiques et pédagogiques de la scolarisation du religieux
Cette communication aborde la scolarisation du religieux en France en cinq points : l'héritage de la laïcité, la perte de la dimension religieuse, l'hétérogénéité du public scolaire, les résistances à une scolarisation du religieux, les enjeux épistémiques et pédagogiques.
. Interdisciplinarité : "Jérusalem nous conjuguons ton nom"
Cette séquence fait suite à celles qui ont été présentées lors des précédentes parutions.
Cette proposition thématique sur Jérusalem est destinée aux classes de 2nde. Cinq entrées didactiques ont été retenues : l'histoire, le français, l'anglais, l'histoire de l'art et l'arabe.
Deux axes ont été choisis : Jérusalem en tant que ville sainte et la religion dans le regard des autres. L'un des intérêts de toutes les séquences est d'apporter aux lycéens une connaissance de base sur les liens entretenus par les trois monothéismes avec cette cité sainte. Dans celle-ci, l'entrée se fait par l'histoire de l'art à travers l'architecture, la sculpture et la musique.
. La Bible, des lieux, une histoire ...
Un double objectif anime cette séquence : connaître l'histoire dont la civilisation judéo-chrétienne a hérité ainsi que le contexte géographique du Proche-Orient ancien et actuel.
. Les aliments de la Bible : le pain
Les usages des religions peuvent se découvrir de multiples façons. Cette approche les aborde par la saveur des aliments. Avec des enfants, il est facile de découvrir leur richesse et ce qu'ils représentent dans la vie. Mais peut-on relater leur histoire et comment un aliment est devenu ce qu'il est aujourd'hui au cour de la religion ? Invitation à ce parcours et recette en prime !
. Questionnaire biblique à choix multiples
Un QCM sur la Bible permet aux élèves de découvrir ce texte et de leur donner des repères pour une approche approfondie.
. Le sacrifice d'Abraham
Comme tout texte littéraire, le texte biblique a besoin d'être analysé pour mieux en comprendre le sens. L'exégèse permet une approche critique de la Bible. Au cours de cette séquence, les élèves percevront mieux selon quelle logique elle peut s'analyser. A noter qu'une réflexion pédagogique intitulée "lecture croyante ou culturelle ?" accompagne la séquence.
. Les martyrs de Scili ou scilitains
Ce texte relate le procès d'un groupe de chrétiens originaires de la ville de Scili en l'an 180. Il permet d'aborder le fait religieux en classe de latin selon trois thématiques :
- l'imbrication du religieux et du politique à Rome, déjà au IIème siècle, à l'apogée de l'empire ;
- les manifestations de la foi religieuse, référence et moteur des premiers chrétiens ;
- la dimension culturelle d'un conflit religieux avec l'acculturation des chrétiens à Rome.
Ce texte été présenté par Maurice Sachot au cours de la récente émission "L'Apocalypse" de Messieurs Mordillat et Prieur sur Arte, en décembre 2008.
. Les origines du christianisme
Plusieurs éclairages pour mieux comprendre les origines du christianisme et entrer dans l'intelligence de cette histoire plurielle et complexe : de sa naissance à sa diffusion, en passant les persécutions des premiers chrétiens et un détour par l'école des moines de Lerins aux racines du monde éducatif chrétien.

A signaler

. Les semaines sociales : les nouveaux enjeux de la laïcité
Aujourd'hui, la société française est en attente de sens et de valeurs. Cette question déborde les frontières habituelles entre le privé et le public, dans un contexte européen qui la confronte à d'autres modèles. Elle est ainsi appelée à repenser la manière dont les différentes convictions et croyances, Eglises et religions sont susceptibles de contribuer au vivre-ensemble dans un pluralisme respectueux.
Dans le prolongement des Semaines Sociales de France de novembre 2008 "Les religions, menace ou espoir pour la société", les Semaines Sociales de Clermont-Auvergne et l'Institut théologique d'Auvergne organisent un colloque le 21 mars 2009 à l'Ecole supérieure de commerce de Clermont-Ferrand. Celui-ci présentera l'histoire et la situation actuelle de la laïcité française dans son rapport plus spécifique à l'éducation et la formation des citoyens. Comment éduquer des citoyens dans ce nouveau contexte ? Quelle peut-être la contribution de l'Eglise à ce chantier ? A partir d'expériences concrètes, il aidera à repérer les nouveaux chemins d'une laïcité en mouvement.

. Histoire d'Alliance...
L'Alliance des directeurs et directrices de l'enseignement chrétien (ADDEC) est l'un des trois réseaux de coordinateurs de la Mission Enseignement et Religions(1).
L'ADDEC assure principalement le lien avec l'ensemble des chefs d'établissement pour les sensibiliser à l'importance de la prise en compte du fait religieux dans les projets d'établissement et les politiques de formation des enseignants. Elle rejoint ainsi sa réflexion sur le caractère propre de l'Enseignement catholique, réflexion qui a traversé toute son histoire. Mais quelle est cette histoire au fait ? L'ouvrage de Pierre-Yves Toullelan, Histoire d'Alliance 1872-2007, la raconte et l'illustre avec de très nombreux documents.
Réalisation et édition F.B. Simon - R.A.P.E., 2008, 2003 p.)

(1) avec celui des coordinateurs diocésains et des coordinateurs congréganistes.
. A noter :
Pierre Gire, qui a beaucoup travaillé avec nous à éclairer le travail de l'enseignement du fait religieux, vient d'être honoré d'une distinction qui est une belle reconnaissance de ses recherches : il vient d'être fait prélat d'honneur de Sa Sainteté et a désormais le titre de Monseigneur.



. Des vidéos pour aborder le fait religieux
Le site curiosphere.tv émanation de France5, propose une vidéo de 4 minutes pour aborder le fait religieux avec les élèves. Deux professeurs d'histoire racontent les problèmes rencontrés en classe lors des heures d'enseignement du fait religieux : les « certitudes » à propos du foulard islamique, le refus de leurs cours par certains élèves, l'antisémitisme des uns, l'islamophobie des autres. Elles indiquent aussi des pistes de travail, comme l'intervention d'experts extérieurs ou de formation spécifique.
Autres vidéos à signaler sur ce site :
Odon Vallet : idées fausses sur le christianisme. Du même auteur : idées fausses sur l'islam, idées fausses sur le judaïsme, idées fausses sur l'athéisme et les sectes.


. L'AIGLE

L'aigle vit dans les hauteurs, installe son nid sur les pentes inaccessibles, mais il descend en piqué sur la terre pour s'emparer brutalement de sa proie. Rapace, glouton, son jabot énorme lui permet de garder beaucoup de nourriture - et de pratiquer éventuellement le jeûne -, car son petit gésier l'oblige à consommer peu à la fois. L'aigle tutoie le soleil. Pas d'odorat, mais un bon oil. Sa profonde orbite est aménagée une sorte de deuxième paupière transparente. Ainsi l'aigle regarde le soleil sans se laisser éblouir.
Ce qu'en ont retenu les auteurs de la Bible ? Ecoutons un instant le Deutéronome :
"Le Seigneur est comme l'aigle qui encourage sa nichée : il plane au-dessus de ses petits, il déploie toute son envergure, il les prend et les porte sur ses ailes." Rien de symbolique : la comparaison tient seulement de l'observation. En revanche, quand les Hébreux feront leur séjour forcé à Babylone, dans les prisons de Nabuchodonosor, ils feront connaissance avec les statues de divinités chaldéennes : des dieux à tête et ailes d'aigles.
On a constaté, à juste titre, que l'aigle vivait très longtemps, parfois plus de 100 ans. De là à lui attribuer l'immortalité, il n'y a pas loin. ou plutôt un renouvellement de ses forces dans sa vieillesse.
En fait, c'est aux Egyptiens que les Grecs ont emprunté la légende de Phénix, cet aigle royal si rare et beau qu'il ne pouvait se reproduire autrement qu'en renaissant de ses cendres.
Incarnation probablement du dieu du Soleil, symbole de l'immortalité de l'âme, ou tout simplement de l'année qui finit et renaît de son achèvement. Le psaume 103 se fait l'écho de cette interprétation en affirmant que le fidèle, nourri par son Seigneur, "rajeunit comme l'aigle".
Mais l'aigle est aussi symbole d'ambiguïté. Dans l'Apocalypse de Jean, l'aigle, opposé au serpent, est ce qu'il y a de plus haut par rapport à ce qui rampe par terre. L'union des plans terrestres et célestes, c'est bien le plan du Nouveau Testament. Cela a donné aussi, dans le genre mariage parfait entre l'aigle et le serpent, le mythe du "serpent à plumes". Le sens historico-politique de cette alliance est bien connu : d'un côté, vous avez les empereurs de tous les temps, qui accommodent l'aigle à leur image de conquérant, après Jupiter, Alexandre le Grand, César, Napoléon et le IIIème Reich. La deuxième tête, historiquement, c'est le pouvoir papal, la tiare pontificale liée à la couronne royale ou impériale.
On sait que le règne de l'aigle n'a qu'un temps. Avec la hauteur, "le roi des nuées" expérimente la solitude. Sa griffe dominatrice ne vient pas à bout de l'abîme que son élévation a creusé. Quand l'aigle devient noir, on lui oppose son antidote, la colombe de l'amour. Rappelons-nous que Zeus a survécu dans la légende grâce au nectar que lui apporta l'aigle, par quoi il acquit l'illumination, mais qu'il survécut surtout grâce aux colombes d'Aphrodite, qui le dotèrent de l'immortalité.

(Gérard Gobry, Extraits de chroniques diffusées sur Radio Chrétienne Française de Côte d'Or, 2002-2003)


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