. La question religieuse
La question religieuse occupe de plus en plus l'espace médiatique. En France, suite aux récentes déclarations du président de la République, c'est aussi la laïcité qui fait débat. Les points de vue qui s'affrontent réveillent d'anciennes fractures. L'école doit assurer en ces domaines son rôle de formation à l'intelligence, au jugement et au vivre ensemble. D'où l'importance renouvelée d'aider les enseignants à travailler la dimension religieuse présente dans tous les champs disciplinaires et dans la conception même de l'acte éducatif. Exigence laïque, comme le rappelait René Remond : « La proposition de faire une place dans les programmes scolaires au fait religieux est motivée par des raisons autres que religieuses. Elle obéit d'abord à une exigence proprement scientifique : le fait religieux fait partie de la réalité sociale au même titre que toute activité collective. C'est une expression du génie créateur de l'homme, comme l'art, la science ou la politique. Le fait religieux en effet n'est pas seulement, comme le croyait la philosophie libérale, une opinion individuelle, un acte purement personnel. La croyance religieuse, même si elle procède du plus intime de l'être et engage la conscience, comporte aussi nécessairement une dimension sociale : toute croyance modifie le comportement de la personne dans ses rapports avec autrui et a en conséquence un impact social. Refuser d'inscrire le fait religieux dans l'enseignement, ce serait priver les jeunes générations de l'accès à tout un plan de l'héritage culturel et appauvrir la nation. En outre, la foi religieuse se vit en communauté : elle se célèbre, elle se transmet et ces communautés sont présentes dans le champ social. Les religions constituent donc un grand fait historique et exclure leur enseignement du champ des connaissances transmises par l'école impliquerait une discrimination négative qui serait en contradiction avec l'idée qu'on se fait aujourd'hui de la laïcité. Si naguère la laïcité a été synonyme de silence absolu sur ce qui est religieux, parce qu'elle n'a pu s'instaurer que contre la tutelle de l'Eglise catholique, aujourd'hui l'éventualité d'une menace d'ingérence de l'Eglise catholique dans la vie publique ayant perdu toute vraisemblance et la pratique de la laïcité ayant intégré le fait de la pluralité, c'est la laïcité elle-même qui impose que le fait religieux soit enseigné. » (ECA hors série, mars 2005, page 18).
L'école catholique ne peut qu'être encouragée à ce travail. Il y va de la dynamique propre à l'intelligence de la foi. « Trouver Dieu consiste à le chercher sans cesse » écrivait Grégoire de Nysse au IVème siècle.
. Lorsque le cinéma invite à la spiritualité
« Parce qu'il témoigne de la soif de dépassement inscrite au cour de chaque homme, le 7ème art peut ouvrir sur l'invisible ». Michèle Debidour nous invite à emprunter ce passage avec les élèves. Ouverture vers un ailleurs, le cinéma fait rêver : un film touche d'abord le cour, éveille des émotions, rejoint le désir infini de beau, de bon, de vrai... Reflet de cultures variées, le film peut être un support privilégié du dialogue entre les peuples, mais il renvoie en même temps à l'universalité des valeurs et aux grandes questions existentielles. Sur quels critères, peut-t-on juger de sa qualité esthétique, de sa valeur humaine ? A travers l'analyse de 50 films, cet ouvrage propose des points de repère pour initier une démarche de réflexion par rapport à un film et pour reconnaître une spiritualité authentique dans une ouvre cinématographique.

Le cinéma, invitation à la spiritualité, Michèle Debidour, Editions de l'atelier, 2007, 156 pages

. Des cultures et des dieux : repères pour une transmission du fait religieux
« Le fait religieux n'a pas à devenir une discipline scolaire à part. Au contraire toutes les disciplines peuvent être sollicitées : lettres, histoire, langues. »
Cet ouvrage collectif a pour objectif de fournir aux élèves, à leurs parents et à leurs enseignants des clés pour comprendre le double phénomène de sécularisation et de retour au religieux en ce début de XXIème siècle.
Face à l'explosion de phénomènes tels que les attentats de 2001, les revendications communautaristes, les nouveaux appétits de spiritualité... , les Français, tantôt anticléricaux, tantôt peu ou mal formés à la culture religieuse, se sentent parfois désorientés. Ce livre leur fournira certaines des clés qui leur manquent. Judaïsme, christianisme et islam s'y taillent une part importante parce qu'ils ont marqué l'histoire de l'Europe. Mais les traditions d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique et les nouveaux mouvements religieux y sont aussi abordés.

Sous la direction de Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa, « Des cultures et des dieux, Repères pour une transmission du fait religieux », Editions Fayard, 2007, 440 p.





. Culture chrétienne ou dimension chrétienne de la culture
Lors de la réunion des coordinateurs de la Mission Enseignement et Religions, le point a été fait sur la notion de "culture chrétienne" récemment avancée dans l'enseignement catholique. Cela a été l'occasion d'entrer de façon plus précise dans les clarifications à opérer sur les différentes dimensions de la question religieuse dans les établissements catholiques d'enseignement.
. Une expérience pédagogique en seconde : étude du roman Désert de J.M.G. Le Clézio
Dans le roman Désert, les élèves peuvent être attirés par l'exotisme et découvrir une autre civilisation : celle des hommes bleus du désert, les Touaregs et leur religion, l'Islam. L'histoire de Lalla, jeune fille maghrébine contrainte d'émigrer, structure cet ouvrage.
En étudiant ce texte, les élèves peuvent ainsi mieux connaître un fait religieux : l'Islam et sa mystique, le soufisme à travers le comportement des personnages et notamment de Ma el Aïnine, chef spirituel des hommes bleus.
. Le sens d'un logo
Le logo choisi en Bretagne pour la culture religieuses a utilisé certains anciens symboles. Il convient de ne pas les réduire à de simples atomes élémentaires d'un langage organisé. Ces symboles sont riches de toute une histoire car ils s'enracinent dans le passé des signes.
. L'art paléochrétien
Tout enseignement portant sur la dimension religieuse de la culture ne peut faire fi des représentations des élèves, qu'elles soient exactes ou erronées. L'objectif de cette séquence est de confronter la façon dont les élèves décodent les symboles de l'art chrétien des trois premiers siècles avec les explications des historiens. Cette démarche permettra une première approche de la vie culturelle et rituelle des premiers chrétiens.
. Les fontaines et les fonts baptismaux
Ces repères pour préparer la visite de fontaines sacrées et de baptistères bretons avec des élèves sont l'occasion d'aborder la symbolique de l'eau et de comprendre la fonction du baptême.
. La dimension symbolique dans la culture religieuse
Du symbole en général et de son rapport à la vie spirituelle. Proposition d'une démarche pédagogique pour découvrir la dimension symbolique de la culture religieuse.
. Religion, sacré et mythe
Religion, sacré et mythe sont trois notions aux sens multiples et parfois contradictoires. Pour les analyser, il convient d'utiliser des voies multiples : historique, sociologique, psychologique, philosophique et théologique.
. A signaler
« Enseigner et éduquer aujourd'hui : réflexion protestantes »,
le colloque du Conseil scolaire de la fédération protestante de France à la Maison du protestantisme 47 rue de Clichy à Paris, avec, notamment les interventions de René Nouailhat, responsable de la mission Enseignement et religions et Jean-Paul Willaim, directeur de l'Institut européen des sciences des religions (IESR).
Pour en savoir plus
. La doctrine sociale de l'Eglise : les textes
De nombreuses questions surgissent sur l'origine de la doctrine sociale de l'Eglise et notamment sur quels textes elle se fonde : Ancien Testament, Nouveau Testament, pères et docteurs de l'Eglise, synodes, encycliques, . ? En fait, cette doctrine sociale de l'Eglise est un agrégat hétérogène de plusieurs milliers de pages. Le conseil Justice et Paix s'est chargé d'en opérer une synthèse. Parmi tous ces textes, certains sont majeurs par leur "autorité" : ils sont tous disponibles sur le site Doctrine sociale.

. La bible inspire les artistes
Ce site est une banque de données gratuites et téléchargeables. Il présente des ouvres d'art inspirées de la Bible tout au long des siècles. On y trouve aussi bien des peintures que des musiques. Parmi ces dernières, 150 cantates de Bach, 5000 titres de chorales enregistrées du monde entier. Un site intéressant pour les enseignants, les chefs de chorale et les mélomanes.
. Les aliments (suite)
Bien des activités humaines, attachées à la préparation de la nourriture, viennent alimenter... l'imagination des sculpteurs et des peintres. Voyez comment les portails des cathédrales se plaisent à représenter les travaux des champs. Ce qui retient l'attention des artistes? Plutôt les semailles (la parole de Dieu semée sur les terres arides... etc.), la moisson (pour représenter le jugement dernier) la meule, le moulin (comme le "moulin mystique" parmi les chapiteaux de Vézelay). Et bien entendu les travaux de la vigne : élagage, vendanges, pressoir... A retrouver l'utilisation qu'en font les paraboles.
Une des activités humaines consiste aussi à nourrir... les troupeaux, ce qui est à relier à l'image du berger et à la mission des apôtres de "faire paître" le troupeau de Dieu. Et le petit enfant de Noël, n'est-il pas né dans une mangeoire, qu'on appelle aussi "crèche"?
L'imagination liturgique a également sacralisé une batterie de cuisine. Pas trop les outres, jarres et amphores, quoiqu'il ait fallu des récipients pour changer l'eau en vin à Cana. Non. Le contenant qui a effacé tous les autres, c'est la coupe, le calice, le graal. Cela a été jusqu'à envahir les légendes du roi Arthur et de sa Table Ronde.
Finissons sur les repas. Les religions retiennent les repas collectifs qui deviennent rituels. A l'origine, après le sacrifice. Maintenant, en mémoire.
Chez les musulmans, chaque nuit du Ramadan, et pour le conclure. Des repas sont évoqués dans l'Evangile : l'invitation aux noces, le vin qui manque à Cana, les pèlerins d'Emmaüs. Mais surtout le repas des repas, le dernier repas qu'on appelle depuis la Cène, repas du soir pour les Romains.
Comme dans d'autres situations de l'Antiquité, le sacré est lié à la vie de tous les jours. On invite à un repas pour sceller un contrat, une alliance. Le repas est aussi lié à la sacro-sainte hospitalité, d'où l'absurdité d'être à la table d'un traître, comme Judas. Le repas, c'est un temps d'allégresse, mais surtout du partage. Le mot chrétien pour désigner les repas eucharistiques des premiers temps, c'était "agapes". Et "agapè" signifie "amour" en grec.
Quelques aliments de base se sont installés, dans le christianisme, au centre de la liturgie. Après les juifs, les chrétiens ont perpétué l'aliment symbolique par excellence : l'agneau pascal. Mais à relever aussi comment ils exploitent, avec l'eau de la vie, le pain et le vin pour en faire le mystère de l'Eucharistie.

(Gérard Gobry, coordinateur de la mission Enseignement et religions et directeur de l'IFER, Extraits de chroniques diffusées sur Radio Chrétienne Française de Côte d'Or, 2002-2003).

Educateurs, enseignants, formateurs

Vous avez envie d'aborder le fait religieux

- avec des élèves,
- dans des dispositifs de formation,
- ou encore dans des réunions d'information

Rendez-vous sur notre site

vous y trouverez
des textes de réflexion
et des outils
pour vous y aider.



Parution mensuelle depuis avril 2005



| Pour vous désabonner de la lettre d'infos, cliquez ici |

Responsable du site : René Nouailhat - Rédaction : Béatrice Mas
Développement : Guilhem Ferrier - Réalisation multimédia : Brigitte Allouche.
www.enseignement-et-religions.org