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50 ANS DE PÉDAGOGIE PAR LES PETITS ÉCRANS

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PARCOURS D’EXPOSITION

« classes du futur ». Cet établissement scolaire mit

en place très tôt ce que l’on nomme des « circuits

fermés de télévision ». À cette époque, des programmes

éducatifs étaient diffusés par la radio et la télévision

à des heures fixes, ne correspondant pas forcé-

ment aux cours qui étaient donnés dans les classes

durant ces créneaux horaires. En s’équipant d’une

régie permettant d’enregistrer des programmes sur

cassettes vidéo, voire d’enregistrer des séquences

pédagogiques à l’aide de caméras, puis de les diffuser

« en circuit fermé » grâce à des magnétoscopes, les

établissements scolaires, tels que celui de Marly-

le-Roi, gagnaient en « autonomie » dans l’utilisation

des ressources pédagogiques audiovisuelles. La parti-

cularité du collège réside également dans l’utilisation

de l’audiovisuel en dehors des cours : des conseils

de classe étaient par exemple retransmis devant

les élèves concernés. D’autres méthodes pédago-

giques innovantes, tels que les questionnaires à

choix multiples (QCM), s’inspirant de l’enseignement

programmé (voir encadré ci-contre), ont aussi été

expérimentées à Marly-le-Roi. Voir

Retour à Marly A

et

Le CES de Marly-le-Roi V .

LES JEUX DIDACTIQUES

S’inspirant des principes de l’enseignement

programmé, des matériaux didactiques, présen-

tant des similitudes avec des jeux commercialisés

alors dans le domaine des loisirs (jeux de stratégie,

wargames

, jeux de plateau accompagnés de cartes à

jouer…) sont créés de manière expérimentale dans

les années 1970 et 1980. Ils seront ultérieurement

adaptés sur support informatique. Les réalisations

de ce type étaient bien souvent le fait de professeurs

ouverts aux pédagogies nouvelles, qui s’intéressaient

également à l’informatique et aux jeux de simulation

durant leurs loisirs.

LE MULTIMÉDIA DANS LES ANNÉES 1960

Dans les années 1960, des dispositifs qualifiés de

« multimédias » se développent : à des supports écrits

(manuels scolaires), s’adjoignent du son (diffusé

via un disque ou un magnétophone) et des projec-

tions d’images (diapositives). L’enseignement des

langues vivantes constituera un terrain privilégié

pour l’utilisation de ces dispositifs, où ces pratiques

s’institutionnaliseront.

LES MÉTHODES INNOVANTES

DE LA PÉDAGOGIE FREINET

Comme d’autres pédagogues, Célestin Freinet

recherche et développe des méthodes d’enseignement

innovantes permettant des apprentissages se voulant

à la fois plus « démocratiques » et davantage soucieux

du développement personnel des enfants. Par la fabri-

cation des « boîtes et bandes enseignantes » et leur

diffusion dans les écoles de son mouvement, Célestin

Freinet met au point un outil s’inspirant du dévelop-

pement de « l’enseignement programmé » aux États-

Unis (travaux de Burhuss Frederic Skinner), visant à

rendre les élèves plus autonomes dans leurs appren-

tissages. Ces théories seront ensuite développées en

parallèle à la diffusion des ordinateurs au travers

de l’EAO (enseignement assisté par ordinateur). Les

dispositifs utilisés dans les écoles Freinet présentent

donc un aspect historique intéressant, lorsque l’on

s’intéresse au développement des nouvelles techno-

logies éducatives.

À

propos

de

l’enseignement

programmé

Qu’il prenne pour supports des outils tels que les

« boîtes enseignantes », des livres interactifs, des

jeux didactiques ou un programme conçu pour

un ordinateur, l’enseignement programmé repose

sur le même principe : un pédagogue conçoit une

séquence pédagogique divisée en étapes. Par ses

décisions et ses choix (bons ou mauvais), résul-

tant de ses connaissances, l’apprenant progresse

au sein de cette séquence de manière « auto-

nome », sans être orienté ou contraint par un

maître, jouant ainsi un rôle d’acteur dans le cadre

du processus d’apprentissage mis en œuvre. On

parle aussi « d’autocorrection », dans le sens où

la mesure du résultat n’est pas effectuée par un

maître, mais résulte du processus mis en œuvre.

Ce sont ces dimensions qui sont valorisées par les

partisans de la méthode.

LE COLLÈGE AUDIOVISUEL DE MARLY-LE-ROI

Le CES de Marly-le-Roi, situé dans une banlieue favo-

risée en région parisienne (proche de Versailles) a été

considéré dès les années 1960 comme un établis-

sement pilote dans le domaine de l’utilisation des

nouvelles technologies éducatives. Il a été équipé en

conséquence et une partie de son architecture avait

été pensée dans l’optique du développement des

1.

Le magnétophone. Un enfant déplie la bande magnétique.

Photographie de Pierre Allard et Jean Suquet.

2.

Boîte enseignante pour bandes programmées (brevet Freinet),

Cannes, éditions de l’École moderne française, 1960.

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1

2

2

1. Le collège audiovisuel de Marly-le-Roi.

2. L’un de ces jeux didactiques provient d’un établissement

d’enseignement secondaire de la ville de New Lanark, en Écosse.

Il a été conçu pour l’apprentissage de l’histoire et repose sur

une approche « multimédia » interactive présentant

des dimensions ludiques (utilisation de diapositives combinée

avec des cartes et d’autres pièces). Il retrace l’évolution

de la ville durant la révolution industrielle de 1790 à 1830.