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L’ENSEIGNEMENT

PROGRAMMÉ

ET

LES

DÉBUTS

DE

L’AUDIOVISUEL

ÉDUCATIF

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les ques-

tions liées à la démocratisation des savoirs et de

l’école sont au cœur de questionnements et de débats

sociaux d’importance. Il s’agit alors de rendre l’école

plus juste et de permettre aux enfants, quel que soit

leur milieu social d’origine – qu’ils soient enfants

de chefs d’entreprises, de cadres ou d’ouvriers – de

suivre des études le plus longtemps possible, afin

de contribuer à réduire les inégalités culturelles et

sociales, mais aussi d’adapter les générations futures

à l’évolution des sociétés (l’augmentation des acti-

vités liées au secteur tertiaire nécessite en effet un

niveau d’étude et de technicité plus élevé).

Mais dans les années 1960, les travaux des socio-

logues démontrent que malgré la volonté politique

affichée et les réformes mises en œuvre, l’école reste

inégalitaire. Ceci engendre un questionnement sur

les contenus d’enseignement et les méthodes péda-

gogiques, qui seraient à l’origine de ces inégalités par

le rapport inégalitaire à l’apprentissage qui en décou-

lerait. Pour schématiser : l’école privilégie le rapport

à l’écrit, à la culture livresque et fonctionne à partir

d’outils (manuels scolaires) favorisant la réussite des

enfants de la « bourgeoisie », car ceux-ci, par leur

culture familiale, ont un rapport de familiarité avec

ces outils.

L’apparition de « nouvelles technologies éduca-

tives » va donc être utilisée par des pédagogues afin

de contrecarrer ce qu’ils perçoivent comme étant

des biais. L’utilisation de la radio et de la télévision

en classe serait plus « démocratique ». En parallèle,

ces nouveaux outils favoriseraient l’intégration des

générations futures, en tant que citoyens et travail-

leurs, dans une « société de demain » dont on pense

qu’elle sera marquée par la place prépondérante

qu’elle accordera aux produits audiovisuels, puis

à l’informatique. Dès les années 1960, 1950 même,

des penseurs envisagent la place prépondérante

prise par les ordinateurs dans le futur, tant en

termes d’apprentissages que de loisirs ou en tant

qu’outils professionnels. Cette perspective sera

traduite dès les années 1970 au niveau de l’Édu-

cation nationale.

Un

phénomène

qui

bouleverse

les

pays

industrialisés

« L’informatique est un phénomène qui est en

train de bouleverser profondément les pays

industrialisés et le monde moderne en général.

La mise en place de banques de données, la créa-

tion de réseaux de communication de l’informa-

tion, la formulation de nombreux problèmes sans

relations apparentes dans un langage unique

commun, l’approche synthétique de questions

complexes que permet l’informatique, en font

un outil scientifique, technique et intellectuel

unique.

L’enseignement secondaire tout entier et dès la

classe de quatrième ne peut rester à l’écart de

cette révolution. Il doit préparer au monde de

demain dans lequel ceux qui ignoreront tout de

l’informatique seront infirmes. Il doit apprendre

la portée de cet outil, pour éviter les enthou-

siasmes excessifs et les scepticismes étroits. Il

doit profiter de la valeur formatrice de l’ensei-

gnement de l’informatique, de la rigueur et de

la logique qu’elle impose. II doit faire apparaître

la portée économique du phénomène, et faire

savoir ce que l’informatique peut apporter dans

la vie professionnelle. Enfin, il doit préparer

les consciences à affronter les responsabilités

nouvelles créées par sa généralisation. »

Circulaire ministérielle n° 70-232 du 21 mai 1970,

BOEN

n° 22, 28 mai 1970.

2

1

1. Les travaux

menés en biologie

sous la conduite

de Jean-Pierre Astolfi

(responsable

pédagogique du CES

de Marly-le-Roi

entre 1974 et 1978)

relèvent de

ces conceptions

sur « l’autocontrôle »

des élèves.

2. Les cinéastes

de la télévision

scolaire.