Ecole plurielle en Europe : la zone scandinave
La zone scandinave veut apprendre à bien vivre ensemble.
Des conceptions bien différentes de l'éducation habitent les enseignants, d'une part de France et des pays latins et d'autre part ceux d'Allemagne et des pays de culture germanique.
Quatre traditions éducatives : latine, germanique, scandinave, britannique, se sont forgées dans des mentalités culturelles spéficiques.
La zone latine (France, Italie, Espagne, Portugal, Belgique francophone, Grèce) transmet d'abord les savoirs indispensables.
La zone germanique (Allemagne, Autriche, Suisse alémanique, Flandres, Pays-Bas) est préoccupée de bien orienter les enfants.
La zone scandinave (Norvège, Suède, Danemark, Finlande, Islande) veut apprendre à bien vivre ensemble.
La zone britannique (Royaume Uni, Irlande, USA, Canada) initie au libre choix de son itinéraire.
Après cinquante ans d'échanges et de confrontations au Conseil de l'Europe, les décideurs en éducation se sont influencés mutuellement en cherchant de bonnes solutions aux nouvelles questions posées à l'école. Si tous ont ainsi progressivement modulé leurs insistances traditionnelles, les tendances de fond demeurent. Il est intéressant de rechercher les liens entre les mentalités des peuples et leur manière de faire l'école. Cela explique beaucoup nos différences en Europe. Et, se souvenir des origines différentes est utile pour mieux collaborer entre Européens.


Dans les pays du Nord, où le grand hiver replie chacun dans son petit groupe de vie, " on entre en dedans ", dit-on, l'essentiel apparaît de savoir vivre ensemble. Ces peuples ont inventé cette " école unique " où le professeur suit les élèves d'année en année sans redoublement, à l'image de l'équipage du drakkar des Vikings embarqué pour cette longue traversée de la scolarité de dix ans.
Jusqu'à la huitième année, les professeurs ne mettent pas de notes, pour empêcher les membres du groupe de se mépriser ou de se concurrencer, mais de simples appréciations pour apprendre à coopérer, à s'entraider, à avancer ensemble : école de civisme en même temps qu'apprentissage de compétence.
Il s'agit de faire comprendre que chaque jeune a sa place dans la classe et ainsi à l'avenir dans la société. La classe maintenue la plus stable possible devient une microsociété pour apprendre à vivre ensemble. Chacun y découvrira la richesse de ses aptitudes aussi variées soient-elles, fussent-elles peu intellectuelles.
Ces pays, les plus égalitaires d'Europe, respectent tellement la recherche du consensus qu'ils ne pouvaient imaginer une école sans une étroite collaboration avec les familles et l'environnement, inscrite dans le quartier ou la région et dans les bassins d'emploi.

On lira avec intérêt les travaux de Francine Vaniscotte, particulièrement : Les écoles de l'Europe : systèmes éducatifs et dimension européenne, éditions INRP (Institut national de recherche pédagogique) Paris 1996, 29 rue d'Ulm, 75230 Paris Cedex 05.

Gilbert Caffin

A consulter également sur Enseignement et religions :
- Ecole plurielle en Europe : la zone britannique
- Ecole plurielle en Europe : la zone latine
- Ecole plurielle en Europe : la zone germanique
Créé le 06/12/2011
Modifié le 06/12/2011