Enquête sur le procès de Jésus
Une séquence pédagogique sous forme d'enquête pour comprendre les raisons de la condamnation de Jésus.
Objectifs
- Se repérer dans les textes du Nouveau Testament.
- Comprendre pourquoi Jésus a été condamné.

Destinataires :  Élèves de Sixième

Support : Le texte des quatre Évangiles canoniques

Source
La Genèse du christianisme, de Jérusalem à Chalcédoine, Cerf/CRDP de Franche-Comté, nouvelle édition 1997, pp. 286-289.

1 - EXERCICE A REALISER

Cet exercice se présente comme une enquête à travers les textes des Évangiles dans lesquels se trouvent cinq indices qui, une fois inscrits sur le premier tableau, permettent d'identifier les adversaires de Jésus et les motifs de sa condamnation.
Lors de la grande fête de la Pâque, Jésus a été crucifié, hors des murs de Jérusalem, sur une petite hauteur appelée Golgotha. Auparavant, on l'avait vu avancer dans les rues, portant sur ses épaules la barre transversale du gibet. Ainsi le voulait la coutume. Le matin, il avait comparu devant Ponce Pilate, procurateur de Judée, qui avait entériné la sentence de mort prononcée par le Sanhédrin.
Que lui reprochait-on ? Jamais Jésus n'avait pris les armes ni poussé le peuple à l'insurrection. Parmi la foule, certains avaient été déçus quand il avait refusé d'être roi.
Qui étaient donc les instigateurs de son procès, et que lui reprochait-on ?

Le procès juif
Sur le dossier Jésus, relever cinq indices et écrire les différentes raisons qui ont pu pousser les plus hautes autorités juives à traduire Jésus en justice.



Un enseignement discuté

Indice 1
D'après Matthieu chapitres 21, versets 33 à 46, qui réagit et comment ?

Indice 2
Imaginer la réaction des gens de la synagogue lorsqu'ils entendent Jésus appeler Dieu "abba" ou "mon père" (Jean 5,17-18).
Jésus a bien été en continuité avec le judaïsme à travers son enseignement (miracles et paraboles) et sa façon de prier.
Pourtant, il s'est heurté à certains Juifs qui manifestaient selon lui trop de zèle dans l'observance de la Loi. Parce qu'ils voulaient être en règle, se valoriser, et paraître bien aux yeux des autres ou de Dieu, ces Juifs pieux se donnaient le droit déjuger les autres avec dédain. Voilà pourquoi Jésus a sanctionné certains scribes et pharisiens à chaque fois que leur intransigeance servait à exclure, à condamner, à se vanter.

Jésus chasse les vendeurs du Temple
La scène où Jésus chasse les vendeurs du Temple montre bien certains faits et gestes de Jésus en rupture avec le judaïsme. Lire Marc chapitre 11, versets 15 à 19.

Indice 3
Après les paroles et les actes d'autorité de Jésus, que lui reproche-t-on? Matthieu 26,59-65 ; 26, 1-5 ; Jean S, 31-42.

Jésus transgresse la loi
Jésus ne respecte pas le sabbat : Lire Marc chapitre 3, versets 1 à 6.

Indice 4
Compléter ce tableau.



Qui réagit face à l'attitude de Jésus ? Nommer les trois personnes.
Quelle (s) est (sont) leur (s) réaction (s) ?

Jésus a des fréquentations qui scandalisent
Les textes dont les références sont inscrites dans la première colonne du tableau ci-dessous relatent des rencontres de Jésus qui scandalisent.
En complétant les autres colonnes du tableau, on comprendra mieux les raisons du conflit.

Indice 5



2 - AUTRE DEMARCHE

L’analyse d’un film : Jésus de Montréal
Dans le film de Denys Arcand, Jésus de Montréal, écrit et tourné en 1989, les références évangéliques fonctionnent à plusieurs niveaux. Il est intéressant de les retrouver et de voir comment le metteur en scène en joue.

Références explicités, par le jeu des comédiens qui mettent en scènes la Passion, en suivant  les stations d’un "chemin de croix" Daniel Coulombe joue Jésus, et ses compagnons les premiers disciples, les soldats romains etc.

Références implicites, quand ces comédiens sont peu à peu amenés à vivre pour eux-mêmes une réactualisation de la Passion. La vie de Daniel Coulombe s’identifie peu à peu à celle du Christ, Mireille à Marie-Madeleine, etc., et l’on retrouve dans l’histoire de cette petite troupe les épisodes évangéliques :
- le rôle de Jean Baptiste,
- l’appel des disciples et leur conversation, c'est-à-dire l’arrachement au monde qui était le leur (ici celui du show-biz et des médias),
- les Béatitudes et les grands thèmes du message,
- les tentations (ici de pouvoir médiatique, si bien suggérées par l’avocat Cardinal),
- les vendeurs chassés du temple (ici les professionnels de la publicité, bousculés par Daniel qui ne "supporte pas le mépris"),
- la Cène (le partage d’une pizza),
- l’arrestation, le procès,
- la mort, et la résurrection (après une "descente aux enfers" du monde hospitalier et du métro ou règne l’indifférence, les organes de Daniel sont ventilés sur d’autres continents, où son cœur et ses yeux redonnent la vie et la vue à d’autres êtres),
- la Pentecôte et la constitution d’une certaine Eglise (le "théâtre Daniel Coulombe" formé en mémoire de lui, avec l’un des comédiens de la troupe comme premier président, et avec le souci que "la rentabilité n’y exclue pas la recherche"...).

Avec ce montage de références croisées, le Jésus d’il y a 2000 ans est ainsi présenté de façon doublement indirecte par le jeu d’un acteur auquel il prête son visage, jusqu’à mourir d’une chute de la croix qui écrase le crucifié !

Cette séquence pédagogique est extraite  de l'ouvrage "Enseigner les religions au collège et au lycée", publié par le CRDP de Franche-Comté - les éditions de l'atelier - Editions ouvrières (coll. Histoire des religions), Paris, 1999.

Les auteurs sont :
- Jean Joncheray, Professeur honoraire à l'Institut catholique de Paris - Département de théologie pratique - faculté de théologie ICP et Membre du Conseil de rédaction des "Recherches de science religieuse",
- René Nouailhat, Responsable de la Mission Enseignement et Religions.
Créé le 01/12/2011
Modifié le 21/11/2012