A la découverte des villes saintes
Jérusalem pour les trois religions et La Mecque pour l'Islam sont deux villes saintes par excellence. Voilà l'occasion de situer l'enjeu du symbole de la ville pour chaque religion.
La ville de La Mecque devant la Mosquée
Sources : Sklerijenn, n° 42, mai 2007

Poursuivant notre découverte des lieux (la mer, le désert, …) qui marquent la vie des religions, je vous propose de faire un petit tour en ville avant de découvrir les villes saintes par excellence : Jérusalem pour les trois religions, La Mecque pour l’islam. On en parle tellement dans l’actualité qu’il est utile d’en savoir un peu plus, pour situer l’enjeu pour chaque religion.

LA VILLE DANS LA BIBLE

L’homme de la Bible est un rural, fils de nomade. Il est fasciné par la ville, cet immense rassemblement d’hommes et de femmes. C’est pour lui le symbole des pouvoirs et de la corruption.

La Ville, c’est Babylone la prostituée, sur les bords de l’Euphrate, dont l’image lui répugne et l’obsède.

Le souvenir tragique de la déportation à Babylone par Nabuchodonosor (587) fait de cette ville le symbole même du mal, la cité hostile à Dieu. Cette même image sera reprise par les premiers chrétiens au sujet de Rome, au moment des persécutions (voir Apocalypse 14, 8)

Mais la Ville c’est aussi le lieu où se rassemblent tous les bénis du Père : alors la corruption laissera la place à la fraternité. La richesse et le pouvoir actuels sont comme les germes de l’abondance et de la bénédiction de Dieu. La ville, c’est alors une Jérusalem nouvelle « descendant du ciel parée comme une épouse ».

"Alors un ange me dit : "Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’Agneau." Il m’entraîna par l’esprit sur une grande et haute montagne : il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu. Elle resplendissait de la gloire de Dieu, elle avait l’éclat d’une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin. Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes gardées par douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus des fils d’Israël." (Apocalypse chapitre 21)

JERUSALEM, VILLE « TROIS FOIS SAINTE »

Ville sainte pour le judaïsme
Fondée par David, c’est là qu’a été édifié le Temple par Salomon, son fils, pour abriter l’Arche d’Alliance contenant les Tables de la Loi. Le Temple était le seul lieu autorisé pour les sacrifices. Il devint aussitôt un lieu de pèlerinage lors des trois grandes fêtes : la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tentes. Ce fut ainsi jusqu’à la destruction du Temple par les Romains en 70. Un jeûne et un jour de deuil rappellent cet événement aujourd’hui encore.

Que reste-t-il du Temple ? Une partie du mur ouest que nous connaissons sous le nom de Mur des Lamentations. Des juifs du monde entier viennent y prier et y célébrer des cérémonies religieuses.

Ville sainte pour le christianisme
C’est là que Jésus a vécu ses derniers jours : célébration de la Cène avec ses disciples, morts sur la croix et résurrection au matin de Pâques. Au 4eme siècle, l’empereur Constantin et sa mère Hélène ont édifié une basilique sur le lieu supposé du tombeau du Christ, le Saint-Sépulcre. Ce qu’il en reste aujourd’hui, après bien des destructions et reconstructions, c’est une église franque (du temps des Croisades), datant de la première moitié du 12ème siècle, et diverses constructions élevées par les chrétiens de trois confessions : catholique, orthodoxe grecque et arménienne. Par ailleurs, on trouve dans la ville de nombreuses églises construites par les chrétiens.

Ville sainte pour l’islam
C’est la troisième ville sainte après La Mecque et Médine. Les musulmans l’appellent "Al-Quds". Selon la tradition, Mahomet y aurait accompli un voyage nocturne sur sa jument ailée, au cours duquel il se serait élevé jusqu’au trône de Dieu, en passant par les cercles de l’enfer et les sept cieux et en rencontrant les prophètes juifs et Jésus. Les musulmans y ont construit sur la même esplanade et à la même époque la mosquée Al-Aqsa ("la lointaine") ainsi que le Dôme du Rocher en 691 au-dessus de la roche où, selon la tradition monothéiste, Dieu aurait arrêté le bras d’Abraham au moment où il allait sacrifier son fils.

La Mecque, ville sainte de l’islam
La Mecque, pour les musulmans, est la ville sainte entre toutes. Le Prophète y est né et c’est là, au centre de la grande mosquée Al Masjid al Harâm, que se trouve la Ka’ba (ou "Cube"), qui aurait été construite par Abraham et son fils Ismaël et dans laquelle est enchâssée la Pierre noire vénérée par les pèlerins musulmans. Cette Ka’ba, "la maison sacrée de Dieu", est le pôle terrestre de l’islam et c’est vers elle que les musulmans du monde entier se tournent lorsqu’ils prient, vers elle qu’ils viennent en pèlerinage au moins un fois dans leur vie s’ils le peuvent (cinquième pilier de l’islam).
Ce pèlerinage se déroule le douzième mois de l’année du calendrier musulman et a été codifié par Mahomet lui-même quelques temps avant sa mort. Les pèlerins de tous pays, vêtus de blanc pour signifier leur égalité, entrent dans le territoire sacré de La Mecque, interdit aux non-musulmans. L’invocation s’élève alors de partout : "Nous voici, ô Dieu, nous voici… ", suivie d’une proclamation de l’unité et de la gloire de Dieu.

Le premier rite consiste à tourner en procession sept fois autour de la Ka’ba. Il est suivi d’une course entre deux collines rappelant un épisode de la vie d’Agar et d’Ismaël, compagne et fils d’Abraham, sauvés de la mort par le surgissement d’une source alors qu’ils allaient mourir de soif. Les deux cérémonies se déroulent dans une enceinte sacrée (haram).

D’autres cérémonies se déroulent dans la vallée désertique devant le mont Arafa. Et après avoir accompli les rites traditionnels pendant trois jours à La Mecque, le pèlerin se rend au tombeau du prophète à Médine et rentre chez lui avec le titre honorifique de pèlerin (hajj).

Yvon Garel
Secrétaire Général
DDEC Côtes d'Armor
Créé le 24/11/2011
Modifié le 24/11/2011