La rupture entre les catholiques et les orthodoxes
Une séquence pédagogique sous la forme d'un devoir de synthèse en lien avec le programme d'histoire sur la rupture entre l'orient et l'occident. Pour les élèves de collège dans le cadre d'un cours de culture religieuse selon le statut particulier de l'Alsace-Moselle.
Objectifs
- Se mettre en contact avec une culture de l'Orient méditerranéen pour mettre en perspective certains problèmes d'aujourd'hui.
- Préparer aux épreuves du brevet des collèges : restitution de savoirs, analyse de documents en Histoire, rédaction et expression personnelle en Français.

Destinataires : Elèves de collège, dans le cadre d'un cours de culture religieuse en lien avec les programmes scolaires et les méthodes propres aux disciplines de Français et d'Histoire, selon le statut particulier de ces cours en Alsace-Moselle.

Supports
- Fiches méthodologiques ci-jointes.
- Reproduction des premiers symboles chrétiens sur les murs des catacombes.
- M. Pleiffer, Le Christ aux mille visages, Nouvelle Cité, 1986.
- A. Grabar, Le premier art chrétien, coll. l'Univers des Formes, Gallimard, 1966.

Source : Deux textes dont les références ne sont pas communiquées aux élèves.
- Texte n° 1 : Olivier Clément, L'autre soleil, autobiographie spirituelle, Stock, 1986, pp. 172-173.
- Texte n° 2 : Catéchisme de l'Église catholique, Mame/Plon, 1992, n° 877 et 878.
- Quelques reproductions d'icônes et quelques tableaux occidentaux présentant des scènes et des personnages religieux.
- Programme d'Histoire des collèges

Source : Devoir de synthèse de fin de séquence, au collège de la Doctrine Chrétienne à Strasbourg.

DEROULEMENT DE LA SEQUENCE

Cette séquence se présente sous la forme d'un devoir de synthèse en lien avec le programme d'histoire sur la rupture entre l'Orient et l'Occident.

L'élève fera appel aux connaissances qui lui ont été transmises dans le programme d'Histoire des collèges pour, dans un premier temps, restituer ses connaissances grâce à des exercices à réaliser.

Dans un second temps, une étude de textes viendra compléter ce premier regard panoramique.

Ensuite, il s'agira de comparer différentes oeuvres d'art.
Consignes : à partir de reproductions de peintures à thèmes religieux provenant d'Orient ou d'Occident, distinguer les icônes et les tableaux occidentaux.

Enfin, un sujet de réflexion sur le rapport entre le visage et l'icône permettra de mieux comprendre une dimension essentielle de l'orthodoxie.
Consignes : Il est des visages qui vous marquent : proches (parents grand-parents, ami(e)s) ou lointains (jamais vus autrement qu'en photo ou à la télévision par exemple), ils vous fascinent par la profondeur qu'ils révèlent : intelligence, affection, extrême douleur, sagesse, sainteté...  À partir de votre expérience et d'exemples que vous donnerez, vous essaierez de répondre à cette question : selon l'art de l'icône, comment un visage, un regard, peuvent-ils être, pour le croyant, un chemin vers Dieu ?

REFLEXION PEDAGOGIQUE : Peut-on comparer les religions et critiquer leur intervention dans l'histoire ?

Les traditions religieuses ont contribué, et contribuent toujours pour un grand nombre de personnes, non seulement à donner des raisons de vivre, mais aussi des raisons de vivre ensemble. Mais nous le savons bien, et on le leur reproche parfois vertement aujourd'hui, les religions ont été utilisées aussi pour dresser les peuples les uns contre les autres, pour légitimer des pratiques inacceptables, sous couvert de coutumes vénérables. L'histoire des catholiques comme celle des orthodoxes (et comme celle des autres religions) n'échappe pas à ce constat, y compris dans l'actualité à laquelle on ne se manquera pas de se référer.

Un éducateur ne peut pas en rester à une attitude lisse, sans porter de jugement critique sur l'histoire, y compris l'histoire religieuse. Il y va de la formation du jugement critique et du jugement moral, tout simplement. Il y va de la reconnaissance de valeurs communes dont les gens qui habitent un même territoire ont besoin pour créer des liens entre eux et vivre ensemble. Dès lors, il est nécessaire pour l'éducateur, de prendre position pour refuser l'inacceptable.

C'est l'honneur de nos sociétés de chercher à faire reconnaître comme valeurs fondamentales celles qui sont exprimées dans la déclaration universelle des Droits de l'homme. Celles-ci peuvent servir de référence, de critère de discernement pour dénoncer l'intolérable et promouvoir le souhaitable, dans le respect de la conscience de chacun.

La présentation de différents points de vue est une première exigence d'honnêteté et de formation au jugement critique. Ainsi, Michel Clévenot, dans son ouvrage Quand Dieu était un monarque féodal, Les hommes de la fraternité (tome V, Nathan), propose-t-il des textes sur la première croisade "vue par un Occidental : Dieu le veut !", puis "vue par une Byzantine : Des barbares !" et enfin "vue par un musulman : Fils de l'islam, des combats vous attendent !" L'histoire comparative des religions peut être appliquée à l'intérieur du christianisme, pour cerner les différences entre le protestantisme luthérien ou calviniste, ou comme ici entre le catholicisme romain et l'orthodoxie orientale, avec leur commune spécificité qui est celle d'une foi en un Dieu tout autre et incarné en Jésus-Christ : l'histoire comparative s'applique bien entendu à d'autres religions, à d'autres conceptions de la religion.

Sur cette méthode, il convient d'être vigilant. Il faut se méfier des comparatismes sommaires et réducteurs pratiqués dans de nombreux ouvrages de vulgarisation avec une mise en parallèle thématique, un peu comme dans un jeu de sept familles : "dans la famille islam, je demande la mosquée". Et dans la famille catholique, j'aurai l'église, dans la famille tao la pagode, pour les juifs, la synagogue, etc. De tels rapprochements induisent en erreur et ne respectent personne.

Si l'on veut développer utilement le comparatisme, c'est par la recherche des spécificités, et donc des différences, qu'il faut susciter la recherche des élèves. Car il s'agit bien de comprendre en quoi l'église est différente de la mosquée, elle-même différente de la synagogue, etc., pour retrouver la fonction propre de chacun de ces lieux de culte, de prière, de méditation, etc. Apprendre à comparer, c'est d'abord apprendre à respecter les spécificités.

Les trois monothéismes sont ainsi souvent présentés comme des "religions du Livre", comme si "l'Ancien Testament" était aux juifs ce qu'est le Nouveau pour les chrétiens et le Coran pour les musulmans. L'expression vient de l'islam, qui est effectivement une religion du Livre, lequel qualifie de la sorte le judaïsme et le christianisme. Le rapport aux textes de référence n'est cependant pas le même. La Référence fondamentale non plus : pour les musulmans, c'est bien le Coran ; pour les juifs, c'est la Torah et pour les chrétiens, c'est le Christ.

Cette séquence pédagogique est extraite  de l'ouvrage "Enseigner les religions au collège et au lycée", publié par le CRDP de Franche-Comté - les éditions de l'atelier - Editions ouvrières (coll. Histoire des religions), Paris, 1999.

Les auteurs sont :
- Jean Joncheray, Professeur honoraire à l'Institut catholique de Paris - Département de théologie pratique - faculté de théologie ICP et Membre du Conseil de rédaction des "Recherches de science religieuse",
- René Nouailhat, Responsable de la Mission Enseignement et Religions.
Créé le 23/11/2011
Modifié le 23/11/2011