Dans les églises : lumière et feu
A la recherche de la symbolique du feu et de la lumière dans les églises. Pour les élèves de Première.

 
Lumière et feu
dans les églises
Sources : Sklerijenn, n° 44, janvier 2008

LES VITRAUX
Le jour
, vus de l'extérieur, ils sont ternes et il est parfois difficile de voir ce qui est représenté. De l'intérieur, ils ne sont beaux que lorsqu'ils reçoivent la lumière du jour qui permet d'éclairer de manière naturelle l'intérieur de l'édifice et leur donne leur splendeur.
Leur lumière, dès le Moyen Age, a été associée à la manifestation la plus évidente de Dieu dans le monde matériel où nous sommes. Pierre de Roissy, Chancelier du chapitre de Chartres écrit vers 1200 : "Les fenêtres vitrées qui sont dans les églises et par lesquelles... se transmet la clarté du soleil, signifient les Saintes Écritures, qui repoussent de nous le mal, tout en nous illuminant.". Durand de Mende, à la fin du XIIIe siècle va dans le même sens : "Les fenêtres vitrées sont les écritures divines qui versent la clarté du vrai soleil, c'est-à-dire de Dieu, dans l'Église, c'est-à-dire dans le cœur des fidèles, tout en les illuminant".
La translucidité du verre coloré crée par ailleurs des effets d'une extraordinaire puissance chromatique et d'une variété infinie, car selon le degré de lumière reçue, chaque couleur se modifie à sa manière. On a fait le rapprochement entre cette mobilité d'effet des verres de couleur et la notion essentielle de la vie de l'Eglise, celle de lapides vivi, pierres vivantes, dont est bâtie la Jérusalem céleste de l'Apocalypse.
Les vitraux symbolisent le Christ conduisant et éclairant la communauté rassemblée, faisant Église autour des tables de la Parole et de l'Eucharistie.

Par contre, de nuit, quand l'église est éclairée grâce à l'électricité, le vitrail semble bien noir de l'intérieur. Il n'apporte sa lumière qu'à l'extérieur, à ceux qui n'osent peut-être pas rentrer. Le Christ n'est-il pas "lumière des nations", offerte à tous ?
Dans les églises, on observe des vitraux colorés et des vitraux historiés ; ces derniers présentent des scènes ou des personnages tirés de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, mais aussi des images de saints ou de leur vie. Les regarder et les contempler, c'est se familiariser avec le livre de la Parole et découvrir comment elle a été reçue et accueillie par les croyants qui nous ont précédés et qui sont nos aînés dans la foi. Ces croyants peuvent être lumière pour les enfants et les hommes et femmes d'aujourd'hui au sens où leurs vies témoignent de leur attachement au Christ, fils de Dieu.

LA LUMIERE DU TABERNACLE
Elle attire le regard des enfants ; quand elle est allumée, elle signifie la présence d'hosties consacrées. Le tabernacle a la forme d'un petit coffre ou d'une petite armoire que l'on peut fermer à clé. Il est parfois recouvert d'un voile appelé conopée et dont la couleur varie avec le temps liturgique.
Le mot tabernacle signifie "tente" et rappelle celle sous laquelle reposait l'Arche d'alliance, qui contenait les tables de la Loi, données par Dieu à Moïse. C'est une réserve dans laquelle on place les hosties consacrées qui n'ont pas été consommées. Elles sont ressorties à une autre messe, à une célébration en l'absence de prêtre ou pour la communion des malades.
Placé dans une chapelle favorable à la prière privée des fidèles ou en dehors d'un autel, à une place d'honneur bien décorée, il invite au recueillement, à l'adoration. Bien souvent, on trouve d'ailleurs dans cet espace des textes permettant de guider la prière individuelle.
On insistera sur le fait que, sans mésestimer la prière devant le Saint-Sacrement, la participation à l'Eucharistie et à la communion, lors de l'assemblée dominicale, est bien plus constitutive de la vie chrétienne : ecclésiale et personnelle.

LES VOTIVES
Placées auprès d'une statue de la Vierge ou d'un saint, elles sont l'expression de la prière et de la dévotion individuelle que chacun peut porter à tel ou tel saint. La flamme qui brille et continue de brûler prolonge la présence de celui ou celle qui l'a allumée en invoquant la médiation du saint représenté ou en remerciant pour un vœu exaucé, une grâce obtenue. Elle témoigne aussi que bonheurs et peines sont au cœur de la prière de demande, de remerciement ou de louange.

D'autres éléments peuvent passer inaperçus pour qui pénètre dans une église en dehors de la célébration eucharistique. Allons à leur découverte.

LE CIERGE PASCAL
Au temps pascal, il se trouve dans le chœur. Au cours de la nuit pascale, au début de la veillée, au milieu des chrétiens rassemblés, ce cierge est allumé à partir d'un grand feu à l'extérieur de l'église. Il symbolise la présence du Christ ressuscité.
C'est un grand cierge en cire sur lequel sont gravés en rouge l'année en cours, des lettres de l'alphabet grec : la première, l'alpha, et la dernière, l'oméga. Cela fait référence à un passage de l'Apocalypse (ou Dévoilement) de Saint Jean : Moi, je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin (Ap 22, 13).
Il est placé dans le chœur jusqu'à l'Ascension ; ensuite, il se trouve au baptistère ou fonts baptismaux. On y prend la lumière au cours des baptêmes. Parfois, on s'en sert aussi pour allumer les cierges placés autour du défunt, lors des funérailles chrétiennes.

LES CHANDELIERS
Ce sont les cierges qui entourent l'autel ; ils expriment le caractère festif de la célébration de la Messe. Ils sont placés selon le cas et leurs formes ou sur l'autel ou bien autour de celui-ci, de façon harmonieuse si possible et ne doivent pas gêner la visibilité. Leur utilisation est déjà attestée les célébrations des premières communautés chrétiennes : Le premier jour de la semaine, nous nous sommes réunis pour partager le pain...il y avait de nombreuses lampes à l'étage supérieur où nous étions réunis (Ac 20,8).
A ceux-ci peuvent s'ajouter, au moment de l'Avent, quatre bougies allumées au fur et à mesure que se déroulent les semaines qui séparent de Noël : c'est une manière de signifier la patience à cultiver dans l'attente de la venue de Jésus.

AVEC DES ENFANTS
Dans une église, si l'on veut faire sens, il y a beaucoup de choses à découvrir : l'architecture, les différents espaces et ce qui s'y déroule au cours des différentes liturgies, la statuaire et les vitraux... Il est donc intéressant d'organiser plusieurs itinéraires, au fil des années. C'est aussi l'occasion d'apprendre aux enfants à se familiariser avec les espaces sacrés et à les "habiter" dans le calme et le respect.
Celui proposé amène à découvrir tout ce qui a trait à la lumière, réelle et symbolique. On invite les enfants à repérer tout ce qui évoque ce thème.

PROPOSITION D'ACTIVITE :
- Un vitrail ... de la lumière
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- Le feu - la lumière
- Que la lumière soit


Marie Jo Nicolas Le Ru
 
Créé le 22/11/2011
Modifié le 21/11/2012