Dossier : Empreintes du religieux dans l'espace public
Les actes de la session nationale de la mission E&R organisée par l'Ispra Aquitaine/Isfec. Elle s'est déroulée du 31 mars au 4 avril 2014 à Bordeaux. 
Qui ne voit que les sociétés occidentales actuelles sont confrontées à un pluralisme croissant des identités culturelles ?

Il suffit de se promener un peu dans la rue avec un œil avisé pour constater que nos cités sont marquées par de nombreuses empreintes du religieux. Des empreintes que d’aucun décrypte sans difficultés comme les édifices religieux mais bien d’autres empreintes dont beaucoup aujourd’hui ignorent l’origine, le sens et les évolutions successives.
 
En effet, les sociétés occidentales actuelles sont confrontées au pluralisme d’identités culturelles qui s'appuient, de façon plus consciente et délibérée qu’autrefois, sur leur fondement religieux ; celui-ci est perçu, voire vécu, comme un véritable creuset de références et de systèmes d’action, et comme un patrimoine commun et partagé, porteur d’un ancrage historique (le paysage religieux français s’est considérablement diversifié au cours de ces dernières décennies et les pratiques religieuses, moins assujetties aux rites, se sont sécularisées et individualisées).
 
Le processus de différenciation religieuse qui se développe sur fond de pluralisation ethnique permet de rendre ainsi plus visible la contribution des croyances et des rites religieux à la formation des divers champs du système social dans une société sécularisée marquée par le judéo-christianisme.
 
Ces formes d’enracinement, et d’appropriation du religieux dans la vie sociale, sans cesser d’ailleurs d’opérer, ont laissé de nombreuses empreintes matérielles et culturelles de tous ordres.
 
Cette ignorance des empreintes du religieux dans nos cités a deux principales conséquences :
- d’une part, en n’explorant pas la dimension religieuse laissée par ces empreintes nous nous privons d’une partie du sens que leurs auteurs ont voulu leur donner ;
- d’autre part, en n’exposant pas ces empreintes à une analyse critique par l’exercice de la raison, nous laissons cette dimension religieuse à la seule interprétation des fondamentalistes de tous bords que la laïcité entend justement combattre.

L’objectif central de cette session est de donner à voir et d’illustrer les méthodes et les résultats d’investigations qui cherchent à dégager de façon objective, et donc loin de toute visée apologétique, la source, la prégnance et les fonctions de ces empreintes dans différents espaces de la vie publique afin que les participants puissent :
- Acquérir des connaissances fondamentales en lien avec les programmes scolaires sur les origines des traditions dont sont issues ces traces du religieux identifiables dans l’espace public ;
- Concevoir des outils et des activités pédagogiques utilisables en classe pour enseigner le fait religieux à partir des empreintes du religieux dans l’espace public ;
- Favoriser l'approche sensible de l'œuvre ou du monument ; l'architecture de tout édifice tient compte de sa destination : les lieux de culte ont une architecture et une disposition qui prennent tout leur sens pour les groupes de croyants qui les fréquentent.
- Des lieux de culte transfigurés, Denis Cantaut-Ronfort
- Intervention De Mgr Jean-Pierre Ricard à l'ouverture de la session nationale Empreintes du religieux dans l'espace public. (Mgr Jean-Pierre Ricard)
De la structuration chrétienne de l'espace d'hier à la présence du Religieux dans l'Espace sécularisé d'aujourd'hui (Nicolas Champ)
Empreintes du religieux dans l'espace public (Catherine Grémion)
Autorités locales et relations interreligieuses (Jacques Palard)
Éduquer aux symboles religieux à l'école... dès la maternelle (Sandra Minvielle)
Pluralisme des croyances et des cultures dans une République laïque (Ghislaine LLesta)
- Site de cette session nationale 2014.
Créé le 03/09/2014
Modifié le 09/12/2014