Quelles cohérences dans les savoirs transmis à l'école ?
Intervention de Claude Berruer, le 21 janvier 2014 au Secrétariat général de l'Enseignement catholique
Claude Berruer
Adjoint au Secrétaire Général
département éducation
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Texte reconstitué à partir de notes prises lors de l’intervention non rédigée. La transcription est donc nécessairement proche de l’oral.

ORIENTATIONS POUR L'ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

Le secrétaire général a indiqué, Pascal Balmand, dès sa nomination, trois orientations pour l’Enseignement catholique, et donc pour le SGEC.
 
Premier axe, « libérer les libertés », c’est-à-dire entretenir et accroître, dans tous les lieux et territoires de l’Enseignement catholique, liberté, initiative et innovation. Le champ de la prise en compte du fait religieux est l’un de ces champs de liberté.
 
Deuxième axe, la lutte contre des inégalités, plutôt entretenues par le système scolaire plus que réellement combattues. Pascal Balmand préférait plutôt poser la question en termes positifs : l’engagement de l’Enseignement catholique pour les réussites.
Et puis un troisième axe, autour de la question des contenus de savoirs. Non pas qu’il s’agisse d’imaginer je ne sais quelle restauration, je ne sais quels contenus catholiques de savoirs. Il s’agit d’approfondir notre proposition éducative qualifiée, tel que le statut de 2013 désigne le caractère propre, aussi dans la transmission et dans le contenu des savoirs. A cet égard, nous avons  l’idée d’un évènement national. Il n’est pas encore finalisé, mais je vais lister un certain nombre de questions avec vous qu’il nous faudrait progressivement approfondir puisque c’est un travail pour un mandat, voire deux mandats de secrétaires généraux… Stève, en lien avec vous, pourra contribuer à la réflexion, pour voir l’angle d’attaque que nous privilégierons, pour un chantier auquel vous avez beaucoup participé d’une façon ou d’une autre mais qui n’a jamais donné lieu à un travail un peu systématique de l’ensemble du département éducation. Nous réfléchissons autour d’une thématique générale qui s’appellerait « savoirs en question » et « questionnement du savoir ».

L'URGENCE DE TRAVAILLER ENSEMBLE

Quelques anecdotes, pour commencer et pour dire comment ces questions nous rejoignent… Nous avions proposé comme modalité d’exploration, il y a quelques années maintenant, une carte de l’exploration éducative. On peut avoir le sentiment que le monde entier est maintenant connu mais il est bien, dans le domaine éducatif, des archipels et des pays, des continents qu’on n’a pas fini d’explorer, et sans doute des nouveaux territoires éducatifs qu’il faut qu’on ose aborder. Et on avait dessiné ce qu’on avait appelé cinq archipels : l’archipel du vivre ensemble, l’archipel du temps, l’archipel contre la lutte des inégalités, l’archipel du questionnement de vie, l’archipel du savoir. Nous avions lancé cette proposition, lors du premier rendez-vous de la liberté éducative, à Rungis, en présence de 1 200 personnes, dont de nombreux enseignants. D’une manière un peu spontanée, on avait joué de la métaphore marine : «  si vous désiriez vous embarquer vers quel archipel iriez-vous ? » Et quand on a dépouillé, moins de 5 % des présents étaient intéressés par l’archipel des savoirs. Le constat, donc, que nous sommes dans un environnement éducatif où l’on se pose de multiples questions, mais peu sur les savoirs à transmettre, le savoir à construire.

Un second indicateur : le groupe science a organisé une journée sur l’enseignement des sciences, « les sciences au service de l’homme, pourquoi et comment les enseigner ? » Une journée construite avec un territoire Formiris, un vaste territoire, nous étions à St Etienne ; le Directeur Diocésain, délégué territorial à la tutelle, est très investi, personnellement, dans ces questions-là. Nous étions à St Etienne, dans l’établissement sous tutelle des Jésuites ; la communication a été large et bien anticipée…Et pourtant, pour cet événement, un seul enseignant du second degré, la totalité de l’auditoire étant des professeurs des écoles. Cela signifie-t-il que tous les enseignants qui enseignent les sciences, sciences naturelles, sciences physiques, technologiques ont vu passer la journée, sans qu’apparemment cela ne rejoigne leurs préoccupations ? Je ne jette la pierre à personne, mais question : si l’on avait annoncé la venue de l’IPR venant expliquer les derniers programmes, et bien on aurait eu foule…Voilà une proposition qui aurait rejoint les enseignants.

Troisième anecdote, la rencontre entre le département éducation et le service formation de Formiris. On nous a présenté le plan fédéral concerté. A part ce que vous travaillez au sein de la mission Enseignement et religions, dans le plan fédéral, (il faudrait bien entendu voir au plan territorial), aucune orientation forte et aucune proposition lourde autour des savoirs, rien sur le contenu des savoirs, rien sur la didactique. Sans doute, il n’y a pas de demande non plus, et je ne suis pas en train de porter des jugements et de mettre quiconque au pilori. Je pointe simplement la question.

Et plus récemment, pour préparer  l’évènement que nous envisageons aux Bernardins.  On nous met donc  en contact avec le groupe de recherche sur l’éducation. On avait exposé  ce qu’on souhaitait faire, (j’y reviendrai tout de suite) et nous rencontrons le département concerné des Bernardins, avec des gens extrêmement intéressants. Mais, surprise, dans ce groupe consacré à l’éducation, ils ne s’intéressent pas au savoir puisque leur champ de recherche c’est l’organisation du système éducatif. Ils travaillent avec Claude Thélot et François Dubet, des gens éminemment compétents… Mais on s’est bien rendu compte que pour traiter de la question qui nous intéresse, il fallait qu’on se tienne en lien avec les autres facultés des Bernardins. Le groupe de recherche sur l’éducation ne traite pas la question des savoirs… Voilà un certain nombre d’indicateurs qui nous disent qu’aujourd’hui, dans les multiples questions qui interrogent le système éducatif, il y a un grand absent : un questionnement véritable sur les savoirs, leur transmission et le dialogue à conduire entre les savoirs.

TROUBLES DANS LES SAVOIRS

Plusieurs chantiers à ouvrir, me semble-t-il,  autour de ce qu’on pourrait nommer comme un trouble dans les savoirs et la culture. J’ai repéré trois ensembles.

Le premier trouble, c’est évidemment le développement exponentiel des savoirs que l’on connaît bien. On nous explique qu’en quelques décennies, on a plus accumulé de savoirs que depuis de l’histoire de l’humanité. Grâce à la mondialisation, naturellement, des savoirs ; grâce aux nouvelles technologies de la communication, communication qui permettent aux savoirs d’être en dialogue… Et, du coup, plus que jamais, plus personne ne peut aujourd’hui rêver d’une transmission encyclopédique des savoirs, on sait qu’on ne peut pas tout transmettre mais alors, que transmettre ?
C’est la question du socle : que transmettre ?

Un deuxième trouble dans le savoir, c’est évidemment les nouveaux modes d’accès aux savoirs, avec le développement du numérique et l’impression que les savoirs sont toujours plus disponibles, comme jamais où ils l’ont jamais été. Mais comment aborder « cette disponibilité » ? Quelle est l’autorité du savoir, des savoirs qu’on trouve en ligne ? On a l’air très libre dans les accès mais est ce qu’on est si libre que ça ? Est-ce que les moteurs de recherche donnent véritablement libre l’accès aux savoirs, ou conditionnent-ils les voies d’accès à certain savoir ? Et puis, ce qu’on trouve dans ces moteurs de recherche, c’est du savoir ou c’est de l’information, du savoir construit ou des informations juxtaposées ? Est-ce qu’on s’est vraiment interrogé sur ce que déplaçait la culture numérique, de la construction des savoirs à l’école ? C’est ce que j’appelle un deuxième trouble.

Le troisième trouble c’est de de réfléchir à la liberté, aujourd’hui, de la construction des nouveaux savoirs et de la recherche. Est-ce que la recherche est si gratuite que ça aujourd’hui ? Ou elle est téléguidée par des intérêts économiques ? Qu’est-ce qu’on construit comme nouveaux savoirs ? Qu’est-ce qui poussent à chercher ceux qui financent la recherche ?

QUELLE COHÉRENCE DANS LES SAVOIRS TRANSMIS À L'ÉCOLE ?

Des savoirs multiples et complexes.
Les savoirs se complexifient grandement. C’est particulièrement vrai des savoirs scientifiques, des sciences dures comme on dit maintenant : de la leçon de chose à la nanotechnologie, la relation aux savoirs a considérablement évolué. Que faire,  aujourd’hui, pour transmettre un savoir accessible au plus grand nombre ? C’est la question de la transposition didactique : la recherche, l’université construisent de plus en plus de savoirs savants mais que peut-on réellement à transmettre à tous ? Et on rejoint ici la question de la réussite de tous et de chacun. Le savoir devient tellement spécialisé qu’il risque de devenir une voie de sélection, de discrimination ou de tri. Et puis les savoirs au pluriel, le savoir au singulier c’est la question de la cohérence des savoirs. Les savoirs tellement spécialisés peuvent-ils encore dialoguer ? Où en est la question des savoirs et de la connaissance, des savoirs et du savoir, des savoirs et de la culture. C’est la question de la reliance, si on reprend le vocabulaire d’Edgar Morin. C’est aussi la question de la Vérité. Jean-Paul II dans Fides et Ratio n°65 nous dit : « la fragmentation du savoir entrave l’unité intérieure de l’homme contemporain ». Ainsi, si nous disons que nous sommes pour un projet de formation intégrale, que pouvons-nous questionner de la contribution, aujourd’hui, de l’école à la transmission des savoirs, au service de l’unité intérieure de l’homme contemporain ? 

Savoirs et sagesse.
Il faut aussi travailler l’articulation savoir au singulier / savoirs au pluriel et sagesse. Est-ce que les savoirs qu’on transmet sont au service d’un art de vivre ? C’est ce que nous questionnons à l’article 21 du Statut qui appelle à ne pas faire de séparation entre les temps d’apprentissage et les temps d’éducation, entre les temps de connaissance et les temps de sagesse. Les diverses disciplines ne présentent pas uniquement que des connaissances à acquérir mais des valeurs à assimiler et des vérités à découvrir. Comment amener les enseignants à articuler connaissances, valeurs, et Vérité ? Plus concrètement, cela interrogerait sous doute les enseignants et les organisations de l’école sur l’interdisciplinaire, le pluridisciplinaire et le transdisciplinaire. L’université est faite justement pour que les savoirs dialoguent dans un même lieu pour travailler la question de l’unité. Est-ce que dans toutes les universités les diverses facultés prennent vraiment les moyens de faire dialoguer les savoirs pour interroger la cohérence et le sens ?

Le nécessaire dialogue des disciplines.
Le pluridisciplinaire, on le voit par exemple dans l’enseignement intégré des sciences des technologies, souligne l’intérêt qu’il y a à faire dialoguer autour de programmes spécifiques plusieurs disciplines. Le transdisciplinaire sera sans doute la prise de conscience qu’à un moment toutes ces disciplines qui explorent une même question, se heurtent à telle ou telle limite. Il faut une ouverture. C’est le « trans, » c’est une question qui va traverser les disciplines et qui ne trouvera peut-être pas d’écho, dans les sciences elles-mêmes, les sciences rationnelles mais qui devront faire appel à d’autres champs de la quête de connaissance.

TROUBLE DANS LA DÉFINITION DE L'HUMAIN

L’humanité et la culture.
Trouble dans le savoir, mais aussi trouble dans la définition de l’humain. L’avènement à l’humanité se fait pour une large part  par la culture. Le magistère le dit régulièrement et on le redit dans notre Statut, à l’article 36 où on cite « Gaudium et Spes » : l’école catholique est attachée au respect de la personne qui n’accède vraiment et pleinement à l’humanité que par la culture. Ce qui veut dire qu’interroger la question de la culture, c’est interroger la question de l’homme ou pour le dire à l’inverse, qu’on ne peut pas parler d’un projet éducatif basé sur la conception chrétienne de la personne humaine sans interroger ce qu’est, la culture, qu’on s’efforce de transmettre pour que cette personne humaine puisse se construire.

La culture, dans le temps et l’espace.
Alors, c’est peut-être l’occasion de réinterroger ce qu’est la culture, une culture de la trace…La philosophie nous dit que la culture humaine c’est un peu les traces des questions existentielles accumulées, génération après génération, par l’humanité en marche, une culture de la construction. Qu’est-ce qu’on peut en faire dans un environnement tellement séduit par le présent et réduit à l’instant, ou à l’instantané ? Quelle peut-être la place de la transmission d’une culture construite dans la durée, dans un environnement tellement séduit par le zapping, l’inédit, le nouveau ? Cela interroge aussi la question de la culture par le biais de l’interculturel, de la question de la fraternité entre les peuples et de l’universel. Comment, dans le socle commun, est ce qu’on essaie, en même temps, de faire partager le patrimoine de notre propre culture et de nous ouvrir aux autres patrimoines et dans quel type de dialogue, et dans quel type de tension entre la spécificité et l’universel ?
 
L’humanisme en question ?
Dans la perception de la culture humaine, nous vivons aussi le passage de la culture, qu’on disait communément humaniste, au post-humaniste ; certains parlent de trans-humaniste, d’autres de second humaniste. Après un consensus autour de valeurs communes, allons-nous vers un éclatement ? Voilà bien la question qui se pose à l’école pour l’enseignement de la morale : où est le noyau dur, où est le consensus possible dans le pluralisme, multi-référentiel qui est le nôtre.
C’est aussi l’interrogation contemporaine sur l’exception humaine et le déplacement des lignes de séparation. On sait bien que l’acte de création, dans la tradition chrétienne, l’acte d’organisation du cosmos, c’est un acte de séparation. On sépare le lumineux du ténébreux, le solide du liquide, le végétal de l’animal, l’animal de l’humain, l’homme de la femme. On voit aujourd’hui que ce qui est questionné, c’est la différentiation sexuelle, la différentiation animal / homme et la différentiation homme / machine avec toutes les prospectives sur le cyborg. Alors on disait encore dans les années 60, dans le monde catholique, et dans le monde non croyant que «  tout peut changer mais non la femme et l’homme », (Aragon, 1969). Le concile, dans Gaudium et Spes, § 12 disait « croyants et incroyants sont généralement d’accord sur ce point, tout sur terre doit être ordonné à l’homme comme à son centre et à son sommet »
Est ce qu’on peut encore dire ça, en 2013 ? Et du coup, si nous voulons développer un projet éducatif visant la formation intégrale de la personne humaine, si nous voulons fonder un projet éducatif sur la personne humaine, qu’est-ce que notre culture dit aujourd’hui de la personne humaine ? Où en est-on de l’humanisme et comment la culture peut-elle se repositionner dans ces questions anthropologiques renouvelées ? J’aime bien l’expression d’Henri-Jérôme Gagey, (qui anime à l’Institut catholique de Paris, un groupe de recherche de l’anthropologie chrétienne), qui nous parle de pliure civilisationnelle. On est en train de passer un pli et du coup, notre école adaptée à une civilisation, à une culture est troublée par cette « pliure ». Il ne s’agit pas de suivre le monde et toutes ses évolutions sans toutes questions, mais on ne peut pas, aujourd’hui, ne pas interroger la culture transmise par l’école. Et puis j’en termine, on arrivera forcément à la question culture et foi.

Culture et foi.
Quel dialogue aujourd’hui, quelle place pour le patrimoine religieux ? Ce n’est pas forcément le patrimoine architectural, mais le patrimoine anthropologique, des traditions religieuses. Nous avons tous lu Marcel Gauchet qui nous dit : « dans un monde désenchanté, il s’agit de proposer une version de l’ensemble social conforme aux valeurs religieuses mais qui soient respectueuses simultanément du caractère non religieux de cet ensemble. » Est-ce qu’il est encore réaliste, aujourd’hui, de penser qu’on peut promouvoir une culture qui propose une version de l’ensemble social conforme aux valeurs religieuses, et quelles valeurs religieuses ? Quel positionnement, alors, du chrétien, quel agir personnel dans l’espace social ? On a pu avoir le sentiment, au moment de la sécularisation, qu’être chrétien c’était finalement travailler, le plus largement possible, à une conception de la personne et de l’agir humain facilement partageable. C’est ce que nous dit Xavier Thévenot dans « Compter sur Dieu » ( page 15), « tout ce qui se commande au nom du Dieu Jésus Christ, doit pouvoir se justifier du point de vue de la vérité de l’homme et tout ce qui prescrit par la raison droite doit pouvoir montrer sa cohérence avec la vérité de foi chrétienne. » Dans les dialogues récents qui ont traversé la France et qui vont la traverser encore (l’ouverture du mariage aux mêmes personnes du même sexe, question de l’avortement qui revient sur le devant de la scène, la GPA, la PMA) on a vu que défendre un point de vue à partir du christianisme, n’est pas aisé. Il n’est plus aujourd’hui facile de prendre la parole comme chrétien. L’éthique chrétienne devient une prise de position originale, au risque, parfois de la dissidence, au risque d’aller à contre-courant ?
Alors vous voyez là quelques petites « questions simples », rapides à traiter qu’on devrait expédier en un colloque de deux jours. !

Un colloque aux Bernardins, en 2015.
Il me semble que l’enseignement catholique a assez peu travaillé la question de la transmission et de la relation aux savoirs depuis 10, 15 ans, parce qu’on a beaucoup travaillé et, c’est toujours une nécessité, la question de la relation, relation éducative, relation pédagogique, travailler et vivre ensemble. Ce n’est pas fini, il y a encore du boulot ! Et ça, on y arrive assez bien dans une communauté éducative délibérément ouverte à tous parce que, aller chercher dans la tradition évangélique, un mode de relation et essayer de le faire partager à plus large que des chrétiens, est relativement aisé.

Il faut continuer mais en même temps, je crois que nous arrivons à ce moment où l’école,  et l’école catholique en particulier, ne peut plus faire l’impasse sur le questionnement du savoir, des savoirs, de la cultureet de la transmission. La question qui va alors se poser, c’est de savoir comment rejoindre les enseignants, tous les enseignants, (on trouvera toujours des militants) sur ces questionnements. L’idée est qu’aux Bernardins, au printemps 2015, nous puissions toucher divers responsables institutionnels qui pourraient ensuite organiser un travail de démultiplication, dans les lieux d’animation et de formation de l’Enseignement catholique. Et il nous semble que le collège des Bernardins est un lieu intéressant. Benoît XVI l’avait bien dit dans son discours aux Bernardins : ce lieu, dès sa création, avait pour ambition de faire dialoguer la culture et la foi, de travailler à la construction de la connaissance entre l’église conventuelle et la bibliothèque.

Il me semble intéressant de se demander dans ce lieu ce que devient le savoir, lorsqu’il y a moins de bibliothèques et plus d’ordinateurs et plus de web et plus de numérique. Nous sommes dans un lieu universitaire. Se repose donc, à mon avis, la question du savoir, des savoirs, de l’universalité du savoir, de la culture à travers toutes les nouveaux expertises que peuvent développer les diverses facultés. Et puis nous sommes à mon avis, c’est bien le lieu qui s’y prête, dans la culture du parvis. Les Bernardins se veulent, à Paris, ce lieu où l’Eglise veut s’ouvrir au dialogue avec d’autres courants religieux, d’autres réflexions de type non religieux…

Nous en sommes là, il va falloir qu’on tranche dans ce maquis de questions. L’idée serait sans doute de travailler autour d’un colloque plus ou moins réservé à des responsables institutionnels pour que nous puissions ensemble reposer, hiérarchiser les diverses questions que j’ai exposées très sommairement. Nous travaillions avec les responsables institutionnels, les Directeurs diocésains, responsables de congrégations, chefs d’établissement, directeurs des Instituts  de formation, formateurs, membres de réseaux tel que le vôtre, un certain nombre d’enseignants déjà sensibilisés, militants et Directeurs, Formiris. La première question à se poser, à l’issue du colloque, c’est de voir par quelle stratégie dans l’animation des territoires, des établissements, dans la formation initiale, continue de tous les acteurs, ces questions-là peuvent se rejoindre, puisque mon sentiment aujourd’hui, c’est qu’on n’est pas très nombreux à se les poser et que pourtant, il y a une urgence.

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Créé le 15/04/2014
Modifié le 27/08/2014