Temps et Fait religieux
Le thème du "temps" permet de susciter une réflexion profonde. Il concerne pratiquement toutes les disciplines et son étude permet d'atteindre le seuil du monde transcendant. Voici quelques clés pour s'appuyer sur ce concept dans l'enseignement du fait religieux.
Temps et fait religieux, Christian Larcher, mai 2006

 " Il y a deux façons de se tromper. L'une consiste à croire ce qui n'est pas vrai. L'autre consiste à refuser ce qui est vrai ". (Sören Kierkegaard)

 " Vous n'avez pas fini de m'empoisonner avec vos histoires de temps ? C'est insensé ! Quand ! Quand ! " Samuel Beckett (En attendant Godot)

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SOMMAIRE

I - Enseignement et " fait religieux "
1. Introduction
2. Transmettre est de l'ordre de croire
3. Pour croire, il faut douter
4. Une piste à explorer : le concept de temps

II - Qu'est-ce que le temps ?
1. La nature du temps
2. Le temps " que l'on mesure "
3. Le temps " qui passe "  
4. Topologie du temps

III - Différents sortes de temps
1. Temps sacré, temps profane
2. Temps et mythologie
3. Temps et histoire
4. Temps et théâtre
5. Temps et musique
6.  Les sciences et les arts à l'épreuve du temps
7. Le temps des paradoxes

IV - Le Temps d'aujourd'hui
1. Le maintenant ou le " sacre du présent "  
2. Le rendement du temps
3. Le temps de la logique économique
4. L'arrêt du temps

V - Le temps de l'espérance et de l'éternité

VI - Des applications possibles en sciences
1. Des pistes de recherche en sciences
2  Le cadran solaire
3. Le gnomon
4. La clepsydre
5. Le sablier qui s'arrête
6. Le calendrier des postes

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I - ENSEIGNEMENT ET " FAIT RELIGIEUX "

1 - Introduction

Lors du colloque "Enseignement et Fait religieux" les 2 et 3 mars 2005 au lycée St Michel de Picpus, le Secrétaire Général de l'Enseignement Catholique, Paul Malartre, indiquait qu'il partageait pleinement la volonté exprimée dans les deux rapports Joutard et Debray de "refuser la mutilation ou l'amnésie de notre culture, et de remédier à l'inculture religieuse qui nuit à la culture tout court, celle qui permet de comprendre d'où vient et ou va le monde, celle qui apporte des éléments de réponse à la questions fondamentales du sens et de la transcendance".

Le projet de l'enseignement catholique est d'unifier et de rendre cohérents l'enseignement, l'éducation et le sens. Parmi toutes les disciplines, les sciences sont réputées ignorer tout questionnement épistémique. Dans son intervention, Maurice Sachot (Professeur en sciences de l'éducation à Strasbourg) indiquait l'urgence "à présenter une étude du fait religieux qui ne soit (…) ni dans l'opposition primaire entre connaissance de foi et connaissance scientifique, mais qui soit en mesure d'articuler avec intelligence les différences temporalités que nous construisons et dans lesquelles nous nous situons, de manière à pouvoir prendre à leur égard la distance critique qui convient à tout homme libre. "

La science et la religion ont chacun leur champ propre, ces champs sont de nos jours disjoints. Pendant longtemps la Connaissance englobait les deux champs : on allait de la physique vers l'au-delà de la physique c'est-à-dire vers la méta-physique.

La science cherche à connaître et à comprendre la réalité perçue, mais elle puise ses racines dans la métaphysique. On peut schématiquement dire qu'il y a chez l'Homme deux tendances fondamentales :
- l'une est le désir de connaissances scientifiques ou intellectuelles qui permettent de montrer que l'Univers est intelligible,
- l'autre est le désir de connaissances religieuses ou spirituelles qui seules donnent un sens à la trilogie : naissance, vie, mort.

Devant la désespérance existentielle, devant la "difficulté d'être", on peut naturellement se poser la question : pourquoi dois-je vivre si la vie n'a pas de sens ! Que puis-je faire de ma vie quand je suis seul à décider ?

La première phrase d'Albert Camus dans le mythe de Sisyphe est la suivante : "Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est celui du suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie".

L'existence est finitude, incomplétude, inachèvement. L'espèce humaine est la seule "qui sait qu'elle va mourir". Tout homme, sait par la mort des autres, que sa vie va-vers-la-mort (Heidegger). La vie a-t-elle alors du sens ou un sens et si oui lequel ? Comment peut-on donner du sens à sa vie ? Comment conduire notre vie d'une manière exigeante et harmonieuse ?

Exister, avoir "l'audace de vivre", c'est se prendre en charge, ce qui nécessite de  trouver et donner du sens à sa vie. Devant la "difficulté d'être", on se trouve perpétuellement concerné par soi et les autres pour orienter sa vie vers un futur signifiant. Dans l'aventure unique de chaque existence, quels sont les choix possibles qui donnent du sens à la vie ? Comment tisser des liens signifiants dans la texture affective, sociale, mythique, religieuse ?

Cette quête métaphysique est semée d'embûches et de fausses pistes, elle entraîne beaucoup d'hommes vers les domaines obscurs de la magie, de la superstition, du spiritisme, de l'astrologie … le sacré revient toujours en force mais de manière clandestine.

2 - Transmettre est de l'ordre de croire

En science, vous croyez que la Terre est ronde, vous croyez qu'elle tourne autour du Soleil. Comment le savez-vous ? L'avez-vous vérifié par vous-même ?

Transmettre la connaissance est aussi de l'ordre du croire. L'élève croit ce que lui transmet son maître en qui il a confiance. "Est-ce que vous croyez que la Lune existe toujours lorsqu'on ne la voit pas ?" disait Albert Einstein.

Le maître qui transmet des connaissances transmet simultanément des savoirs ET des valeurs morales. On peut penser qu'il y avait de bonnes raisons pour décider, en 1932, que le Ministère de l'Instruction Publique deviendrait le Ministère de l'Education Nationale ?

Le rôle de l'enseignant est de permettre aux élèves de comprendre le monde, c'est-à-dire de pouvoir en avoir une représentation simplifiée. C'est davantage un passeur qui accompagne qu'un douanier qui contrôle. C'est aussi celui qui aide à apprendre c'est-à-dire à accepter le mystère humain. Transmettre est de l'ordre de croire mais croire ne peut pas être une démission de l'intelligence, un abandon de la raison.

3 - Pour croire, il faut douter

Une pensée qui ne doute pas d'elle-même n'est pas intelligente. "Rien n'est aussi dangereux que la certitude, les scientifiques se contentent du partiel et du provisoire " dit François Jacob (Prix Nobel de biologie).

Le grand mathématicien Henri Poincaré dans son livre "la science et l'hypothèse" (Champs Flammarion p. 24) écrit : "Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commode qui l'une et l'autre évite de réfléchir ".

Les sciences ne nous disent ni ce que nous devons faire, ni comment nous devons vivre. Il n'y a pas de vérité toute faite, il y a seulement recherche du vrai ou comme le disait Démocrite une vérité qu'il faut chercher "au fond du puits".

Pour le philosophe Heidegger "la dignité humaine, c'est le questionnement". "Il nous faudra donc supporter de vivre sans certitudes."

La vie se présente comme un éternel questionnement. Les mutations de la société et les nouvelles découvertes d'un cosmos sans limites nous contraint à renouveler sans cesse nos questions. Questionner c'est déjà en savoir plus.

Il nous faudra donc enseigner des questions, des réponses tout le monde en a. Et les vraies réponses ne nous appartiennent pas.

Le philosophe Français Emmanuel Mounier disait : "Je ne me sauvegarde qu'à condition de tout remettre en question, croyances, opinions, certitudes, formules, adhésions, habitudes, appartenances. La rupture, le rebondissement, sont bien des catégories essentielles, de la personne" in Le personnalisme (que sais-je n° 395 p 65) Plus loin il ajoute : "il ne faut pas trop vite en appeler à l'ineffable".

Pour le Théologien Allemand Lessing, la "recherche de la Vérité est plus importante que sa possession". Il s'agit d'un questionnement compris comme une construction inachevée, sans cesse recommencée. Une expérience toujours singulière, unique, non reproductible qui concerne l'essence de  la personne humaine.

La vie est faite de questionnement et l'ultime question est celle de la mort. Mais toute recherche de vérités implique une forme d'espérance. Il importe de ne jamais se lasser, de questionner encore, encore et toujours.

4 - Une piste à explorer : le concept de temps

Je vous propose une entrée possible qui s'appuie sur le concept de temps. Le thème du temps permet de susciter une profonde réflexion, ce concept concerne pratiquement toutes les disciplines et permet d'atteindre le seuil du monde transcendant. Quelques clefs peuvent permettre d'entrebâiller la porte qui ouvre sur des chemins de vie. L'idée est de partir du temps dont on a l'habitude, celui que l'on utilise tous les jours, pour aller vers le temps de la conscience, le temps de la vie, voire, avec Saint Augustin, vers le temps Eternel. Avant de montrer comment on peut utiliser le concept de temps, il peut être utile d'entreprendre une véritable réflexion sur sa nature.

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II - QU'EST-CE QUE LE TEMPS ?

1 - La nature du temps

Le concept de temps est l'un des plus difficiles à cerner car il est intimement lié à la durée de la vie, à la finitude humaine. Il introduit à la vie intérieure de la conscience. L'origine du temps est en nous-mêmes.
L'homme n'est pas seulement dans le temps, comme les objets qui nous entourent, il est lui-même le temps. L'existence de l'homme est constitutive du temps. "Le temps est un feu qui me dévore. Mais je suis le temps" dit Jorge Luis Borges (1899-1986). Le temps est la conscience du temps et cette conscience du temps nous conduit à la mort.

2 - Le temps " que l'on mesure "

Mais le temps est d'abord pour nous une grandeur bien familière que l'on "mesure" avec nos montres et nos horloges. Mais s'est-on vraiment posé la question de ce que l'on mesure quand on dit que l'on " mesure le temps " ?

Quand les aiguilles d'une montre ou d'une horloge tournent autour d'un axe, elles décrivent indéfiniment une portion d'espace. On sait que mesurer de l'espace c'est mesurer des longueurs. Mais dans ce cas, on confond la longueur à mesurer avec la valeur de la mesure. De même, on ne peut pas confondre le temps avec la mesure du temps.

En fait, comme l'indiquait Kant et Bergson, quand on mesure un temps on le "spatialise". C'est parce que nous représentons le temps par de l'espace que nous le croyons mesurable. On mesure des durées à l'aide d'intervalles spatiaux Mais l'on sait bien que si l'horloge s'arrête, si elle ne décrit plus d'espace, le temps lui n'attend pas, il continue. Le temps ne s'arrête jamais.

Dans l'histoire de l'humanité, il a fallu beaucoup de temps … pour que le concept de temps émerge. Pendant des millénaires, le temps était spontanément associé au mouvement apparent des astres et particulièrement du Soleil et mesuré à l'aide des cadrans solaires. Chaque jour l'ombre du style parcourt une portion d'espace.

3 - Le temps " qui passe "

Dans la pièce de Samuel Beckett "En attendant Godot", les personnages Vladimir (Didi) et Estragon (Gogo) échangent des propos désabusés : "Rien ne se passe, personne ne vient, personne ne s'en va, c'est terrible " Plus loin : "ça a fait passer le temps.- il serait passé sans ça.- oui mais moins vite."

De fait, on parle "du temps qui passe" comme on dit "il pleut" ou "il fait chaud" mais que veut-on vraiment dire par là ? Y a-t-il y effectivement quelque chose qui passe ? Implicitement on assimile souvent le temps à une substance. Mais si le temps est désigné par un substantif, de quelle substance s'agit-il ? L'espace lui ne passe pas !

Mais si le temps ne passe pas, existe-t-il ? Qu'est-ce que l'on mesure quand on mesure un temps ? Peut-on mesurer ce qui n'existe pas ou faut-il supposer que ce que nous mesurons n'est pas le temps ?  Quelle est alors la nature de ce qui passe ?

En fait quand on dit que le temps passe, on veut signifier qu'il a une succession : le futur devient du présent, le présent devient du passé. On peut de même dire que le passé est du "présent antérieur". Mais est-ce que le temps modifie le passé en le complétant, le futur en le retrouvant ? Mais le temps lui-même passe-t-il ? A cette question St Augustin répond : "Si rien ne passait, il n'y aurait point de passé, si rien n'arrivait il n'y aurait point de futur…"

La fonction principale du temps serait de renouveler, à chaque instant, le présent. Le temps lui ne passe pas, il n'arrête pas de changer. Le temps "c'est ce qui fait passer la réalité".

Une substance est localisable. Qu'elle est le lieu hypothétique de la "substance temps" ? En réalité, le temps n'a pas de maison, il n'est pas localisable, il se produit n'importe où. De surcroît, on sait depuis les travaux d'Albert Einstein, qu'il n'y a pas de temps absolu, du temps "en soi" comme le pensait Newton. En physique, chaque objet, animé d'une vitesse relative, va devoir définir son "temps propre" qui dépend de sa vitesse. Il n'y a plus de simultanéité pour des objets situés loin les uns des autres. La lumière qui provient des étoiles nous permet de voir "dans le passé". Nous recevons actuellement de la lumière issue d'astre qui peut, en réalité, avoir disparue depuis des millénaires.

Mais le temps lui est toujours à sens unique, il ignore la marche arrière. Il va toujours vers le futur. Etienne Klein exprime ce fait en disant que "si le temps de l'horloge fait TIC-TAC il ne fera jamais TAC-TIC". Le temps n'a pas de contraire. On ne peut pas remonter le temps et tuer nos arrières grands parents. On sait que tout dépend du temps mais le temps lui, de quoi dépend-il ? En définitive, si l'horloge mesure le temps, avec quoi le temps pourra-t-il être mesuré ?

4 - Topologie du temps

La topologie du temps est très pauvre, elle n'a que deux variantes :
- le temps linéaire : celui qui va de l'avant vers le devenir, un temps par essence irréversible, un temps que l'on représente par un "axe des temps", c'est-à-dire encore par une droite de l'espace. Un temps constitué d'instants sans épaisseur. Les scientifiques nous disent que l'Univers a environ 15 milliards d'années mais comment définir l'année quand il n'y avait ni Soleil ni Terre ? L'unité de temps, la seconde, est définie actuellement à partir des fréquences de transitions atomiques mais quelle signification pourrait-on donner à la seconde lorsque les atomes n'étaient pas encore formés ? Le temps ne se réduit pas à une mesure, il existe un temps et même des temps subjectifs simultanées et irréversibles. Tout ce qui est passé a, par définition, déjà vécu, déjà été présent.
Que sera la "fin des temps" ? Pour les Chrétiens, le temps va vers la "fin des temps", vers l'eschatologie, vers le "temps de l'apocalypse", vers le point Omega, la Parousie…
- le temps cyclique : celui qui fait des boucles, le "mythe de l'éternel retour", le retour des jours et des nuits, le retour du Soleil, le retour des saisons, le retour des fêtes liturgiques pour les chrétiens, les  réincarnations successives pour les hindous, et même pour les scientifiques, un Univers constitué par une alternance de Big-Bang et Big-Crunch, c'est-à-dire une alternance d'expansions et de contractions.

Le temps peut-il être cyclique ? Le monde de Sisyphe remontant inlassablement sa pierre au sommet de la montagne ? Celui d'un Prométhée enchaîné, dont le foie dévoré par un aigle, repousse sans cesse ? Il y a bien un éternel retour des saisons. Tout grandit, croît, meurt et renaît. Le temps ne fait pas de différence entre le passé et le futur, il ne peut pas être cyclique.

Si je renverse ma tasse de café, je peux effacer les traces ; si elle est cassée, je peux en racheter une autre mais rien ne pourra effacer le fait que la tasse a été renversée. Ce qui est passé est passé, même Dieu ne change pas le passé. Il est impossible de remonter le temps, le temps est à sens unique. Albert Einstein disait que l'on ne peut pas "télégraphier vers son passé". Et pour Etienne Klein "Un aller et retour dans l'espace est toujours un aller sans retour dans le temps".

L'idée de temps comporte en elle-même deux dimensions essentielles : celle de continuité et celle de succession. Dans beaucoup de mythes, l'avenir est dangereux s'il n'est pas une répétition du passé.

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III - DIFFERENTES SORTES DE TEMPS

1 - Temps sacré, temps profane

Ce qui est sacré, c'est, par définition, ce qui mène au divin, ce qui échappe au temps, ce qui relève des mythes et des religions.

Les mythes sont des récits intemporels qui permettent de transmettre de génération en génération des principes religieux qui donnent du sens à l'existence et permet de vivre d'une manière harmonieuse, "une vie bonne".

Les religions permettent de se relier au sacré. "Religere" signifie : rassurer, réconforter, revitaliser ou recoudre le "tissu social" Les responsables religieux sont chargés de définir les espaces et les temps sacrés, ce qui engendre à la fois reliance et distance.

Le temps liturgique chrétien est cyclique. Il recommence chaque année avec les saisons. Le temps de l'Avant, le temps de Noël, le temps du Carême, le temps Pascal, les temps ordinaires. Nous revivons chaque année le même cycle mais avec un an de plus.

Pour St Augustin, il y a trois présents :
- le présent du passé, c'est la mémoire,
- le présent du présent, c'est l'attention,
- le présent de l'avenir, c'est l'attente.

Pour Voltaire, Dieu est le "grand horloger du monde" : "L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger".
Temps profane : Pour Albert Einstein, le temps c'est ce qu'indiquent les montres.

2 - Temps et mythologie

Toutes les mythologies commencent par l'irruption d'un dieu du Temps. Au départ, il y avait le Chaos, un vide absolu et illimité. Selon la mythologie grecque (Hésiode VIIIème siècle avant J.C), le temps n'arrive qu'au bout … d'un certain temps.

Au début des temps, Ouranos (le ciel) recouvre complètement Gaïa (la Terre). Gaïa est la mère universelle qui donne naissance à toutes choses. Ensemble ils enfantent des monstres puis les douze Titans qui sont confinés dans le Tartare, un lieu du monde souterrain où il n'y pas d'espace. Ouranos ne permet pas que ses enfants sortent des entrailles de la Terre car ils prendraient sa place. Il veut arrêter le temps, empêcher son écoulement.

Sur les conseils de sa mère, Kronos, l'un des Titans (qui, sans le savoir, développe déjà un "complexe d'oedipe") accepte de mutiler Ouranos à l'aide d'une serpe de telle façon qu'il ne puisse plus engendrer. Le mouvement de recul d'Ouranos au fond de l'Univers permet la création de l'espace. Kronos prend la place d'Ouranos comme Dieu du temps. Il libère le temps. Mais, à son tour, il est pris du même désir d'arrêter le temps, il dévore l'a-venir en mangeant ses propres enfants, jusqu'au moment où il est tué par Zeus. Freud nous dira plus tard que l'enfant doit " tuer le père " pour vivre.

Ne perdez pas de temps à chercher une définition du temps, le temps est insaisissable sauf à de rares "moments opportuns" que les Grecs appellent KAIROS. Au musée archéologique de Turin, une sculpture représente Kairos. La chevelure ramenée vers l'avant et chauve vers l'arrière. On ne peut saisir le "Kairos" qu'au moment précis où il se présente, en faisant preuve d'adresse et de dextérité pour l'empoigner par sa mèche. Avant, il faut rester à l'affût. Après "il est trop tard", sa calvitie post-crânienne le rend insaisissable une fois que le "moment opportun" est passé. Il tient un rasoir tranchant dans sa main gauche qui marque la coupure dans l'espace-temps. Sur le fil du rasoir se trouve, en équilibre, une balance qui peut à tout moment basculer dans un sens ou dans l'autre.

3 - Temps et histoire

Pour le philosophe Paul Ricoeur dans "Temps et Récit", le temps devient humain dans la mesure où il est " articulé sur un mode narratif ". Le temps ne se manifeste que par le récit.

Le récit et la métaphore permettent de faire émerger une nouvelle intelligibilité qui va au-delà du langage. On peut faire une étude des récits bibliques et montrer que les paraboles contiennent des valeurs axiologiques qui elles ne dépendent pas du temps. "Raconter c'est déjà expliquer" dit Paul Ricoeur.

4 - Temps et théâtre

Le concept de temps est, nous l'avons dit, indéfinissable malgré les très nombreuses études effectuées. Les russes diraient que ce sujet porte "une grande barbe blanche".

Le théâtre est, par essence, étroitement lié au temps ; on pourrait même dire que c'est "le lieu du temps". En effet le théâtre, à plus d'un titre, joue constamment avec le temps.

On peut étudier ce concept de temps à travers la pièce "Thomas More" de Robert Boit. Le temps existe que si on peut le raconter. Il apparaît lors d'un récit, d'une histoire qui possède un début et une fin. La pièce de Robert Boit est du "temps humain compacté". Il s'agit d'une création humaine, comme toute pièce, mais celle-ci aborde l'un des plus grands sujets de notre condition : le sens de la vie et donc celui de la mort. Cette mort que symbolisera la chute du rideau à la fin de la pièce.

La pièce de Robert Boit met en scène un conflit qu'il s'agit de résoudre et qui conduit à une fin inéluctable connue d'avance de tous, comme dans toute tragédie grecque. C'est le destin de tous les hommes. Le conflit qui se déroule devant les spectateurs permet d'assurer la transmission d'un message. Ici le prix de la parole (de la Parole ?) et de l'engagement individuel s'appuyant sur des convictions et des valeurs pour en faciliter la pérennité.

Le théâtre a le pouvoir extraordinaire de permettre d'inscrire "l'ailleurs et l'autrefois" dans "l'ici et maintenant". Le geste d'aujourd'hui accompagne la pensée d'hier. Le théâtre parvient à brouiller la linéarité du temps, à brouiller le passé et le présent. Il parle à l'imagination de chaque spectateur.

La pièce aide le spectateur à dédramatiser provisoirement la certitude de mourir, elle permet une brève échappée à l'irréversibilité du temps. Elle agit aussi comme une sorte de machine à montrer l'invisible. La scène constitue un espace où peut s'exprimer une expérience humaine éventuellement réduite à un seul homme et au monde qui l'entoure. Bien que la représentation soit éphémère, le sens du message peut perdurer.

5 -Temps et musique

La plupart des cérémonies religieuses sont accompagnées de musique et/ou de chants spécifiques. La musique est très intimement associée au temps.

Nous ne pourrions pas apprécier une mélodie si les notes successives n'étaient pas liées. La mélodie ne prend "du sens" que parce que nous gardons clairement en mémoire les notes qui précèdent et parce qu'elles annoncent les notes suivantes. Ecouter de la musique, c'est donc à la fois se souvenir, être en attente et espérer.

Le comble du plaisir apparaît parfois dans la plénitude de l'instant délié de l'avant et de l'après. La phrase musicale nous faire atteindre parfois des îlots de bonheur par l'émotion esthétique qu'elle provoque.

La musique réussit à réconcilier la sensibilité et la raison dans le secret pressenti entre l'attente et l'achèvement. Elle exprime le moment qui passe et ne revient pas. L'instant musical est dans l'évanescence et dans la plénitude du temps, dans l'éternité, c'est un "atome d'éternité" ou comme le dit Kierkegaard, "le temps interrompt constamment l'éternité et où l'éternité pénètre sans cesse dans le temps.  La plénitude du temps, est l'instant conçu comme l'éternel."

L'homme est un être fini qui porte en lui l'exigence de l'infini. Pour Kant, "nous sommes originairement de race divine" ou comme le dit joliment Lamartine "un ange déchu qui se souvient des cieux".

On peut illustrer cette notion avec de la musique sacrée. Celle de Bach ou de Beethoven avec "Jésus que ma joie demeure". L'étude du Don Juan de Mozart permet aussi d'illustrer le rôle du temps. Avec le personnage de Don Juan, Mozart ausculte le temps de la conscience, le temps intérieur. Le personnage de Don Juan est un éternel mythe temporel. Dans son désir effréné de faire de nouvelles conquêtes, dans sa volonté de séduire des êtres qui n'ont pas encore subit l'outrage du temps, dans la recherche du plaisir de tous les instants, il tente d'arrêter le temps de la vie et de la mort.

6 - Les sciences et les arts à l'épreuve du temps

Par sa nature, un objet technique est témoin d'une époque. S'il est vraiment ancien il peut ne plus avoir aucune signification pour nous.

Il n'en n'est pas de même d'une œuvre d'art qui reste intemporelle. C'est justement cette capacité à transcender le temps qui fait, qu'en dehors de son contexte historique, l'œuvre d'art nous parle et nous émeut toujours.

Dans le superbe tableau de Turner représentant une locomotive à vapeur avançant dans le brouillard, l'objet technique "locomotive à vapeur" n'existe plus mais, pour notre plus grand plaisir, l'œuvre d'art reste.

La science se construit contre elle-même, elle "oublie son chemin". On pourrait dire que l'oubli est constitutif de la science. La formation d'un artiste nécessite l'étude des œuvres d'art du passé, le futur artiste s'inspire de ce qui le précède avant d'essayer de voler de ses propres ailes.

La formation d'un scientifique nécessite la connaissance de la science contemporaine. Ainsi la science poursuit son chemin en ignorant le passé. Chaque nouveau savant regarde au dessus de lui sans percevoir qu'il est "juché sur les épaules des géants qui le précédent". Victor Hugo disait que "la science va sans cesse se raturant elle-même ; ratures fécondes". Un savant fait oublier un savant, un poète ne fait pas oublier un poète.

7 - Le temps des paradoxes

Les paradoxes permettent d'aller au-delà du sens des mots.

LE PARADOXE DE MENON : "on ne peut pas chercher ce qu'on connaît, parce qu'on le connaît déjà, et on ne peut pas chercher ce qu'on ne connaît pas, parce qu'on ne saura pas si on l'a trouvé".
On peut étudier en quoi le paradoxe est fallacieux.
Pourquoi avoir peur de la mort ?
Avant la mort, on est vivant et il n'y a donc pas de problème !
Après la mort, on n'est plus là et le problème ne se pose plus !

PARADOXE DE ZENON : il vivait au Vème siècle avant J.C. dans la ville d'Elée qui est situé sur la côte sud de l'Italie. Il disait que si l'on envoie une flèche vers une cible située à une distance "d",celle-ci n'atteindra jamais la cible.

En effet pour parcourir la distance moitié d/2, la flèche mettra un temps t1 pour parcourir la moitié de la distance suivante à parcourir, c'est-à-dire d/4. Elle mettra un temps t2 pour parcourir encore la moitié de ce qui reste à parcourir (c'est-à-dire d/8). Elle mettra un temps t3. Comme on peut indéfiniment diviser par 2 la distance restant à parcourir, il faudra additionner une infinité de temps. Or pour les grecs, l'addition d'une infinité de temps donne un nombre infini ce qui est faux. Il faudra attendre 2000 ans pour comprendre que l'addition d'une infinité de termes peut être égal à quelque chose de fini. En mathématique, on sait que la suite infinie de termes "1 + 1/2 + 1/4 + 1/8 + ….  = 2", un nombre tout à fait fini. L'infini n'existe qu'en puissance le paradoxe de Zénon a un caractère sophistique. L'Infini ne saurait être représenté comme une accumulation de fini.

Pour Pascal, l'Univers est comme un cercle dont la circonférence et le centre ne sont nulle part.

Certains voudraient que le temps soit quantifiable, discret mais cela impliquerait que le temps s'arrête, que pendant un certain temps "il n'y plus de temps" ! Les Africains disent des Occidentaux qu'ils savent mesurer le temps et la durée avec une extrême précision temps mais … ils n'ont jamais le temps.

Si l'Univers a une histoire et donc un passé et un commencement, comment peut-il y avoir quelque chose à partir de rien ? Avant le temps, il n'y avait rien, Mais rien, c'est quoi ? Comment rien peut-il donner naissance à quelque chose ?  Dans ce cas, ce n'est plus rien.

Et que penser de la remarque de Leibniz : "Pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien ?".

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IV - LE TEMPS D'AUJOURD'HUI

1 - Le maintenant ou le "sacre du présent"

 "Nous ne pouvons pas saisir le temps. Le mot maintenant a beau être le participe présent du verbe maintenir (c'est à dire tenir en main), nul ne peut retenir ni appréhender le temps … Il n'y a donc pas, en matière de temps, de maintenant" (Michel Serre).

La tendance actuelle de notre société contemporaine est très nettement orientée dans le vivre pleinement le présent, vers une sacralisation du présent. Notre société pourrait prendre comme devise : "carpe diem", en oubliant le passé, ignorant le futur qui risque un jour de nous rattraper cruellement (pas seulement en ce qui concerne le Développement Durable). Un symbole pourrait aussi illustrer la société contemporaine, celui de l'horloge ou de la montre à affichage digital. Chaque seconde vient effacer la précédente sans pour autant annoncer la suivante.

On veut pouvoir vivre dans l'instant, dans la "spontanéité de l'être". Pour l'horloge, chaque instant, chaque maintenant, est le même. Pour l'homme, chaque instant, chaque maintenant est différent. Si tous les instants étaient les mêmes, on ne parviendrait plus à distinguer l'avant de l'après. Le temps nous est confié, c'est maintenant dans le présent que se forge l'avenir.

"C'est dans l'instant que se joue la capacité ou l'incapacité d'attention à ce qui est en train d'advenir ou qui pourrait advenir." (Simone Weil).

"Nous n'avons pas encore le temps pour Zarathoustra, - Voilà ce qu'ils objectent ; mais que peut bien importer un temps qui n'a pas le temps pour Zarathoustra  " (Nietzsche "Ainsi parlait Zarathoustra").

2 - Le rendement du temps

Avec l'avènement des techniques modernes : les machines, l'aviation, le TGV,  Internet, le téléphone portable  multifonctio ", on assiste à une contraction, à une concentration du temps. L'urgence s'impose à tout instant, la planète  "rétrécit". On fait de plus en plus de choses avec de moins en moins de temps. Un sentiment de puissance nous enivre chaque jour. On est très fier de "gagner du temp " mais que gagne-t-on quand on "gagne du temps" ? En réalité, plus on "gagne du temps", plus "on manque de temps". Le désir permanent de gagner du temps se transforme en un besoin perpétuellement insatisfait. Peut-être faudrait-il sortir de l'immédiateté, laisser plus de temps pour le cheminement, pour la réflexion, ce qui nécessite de se hâter lentement …

3 - Le temps de la logique économique

L'économie libérale dans laquelle nous vivons nous incite à consommer toujours plus. Le "bon citoyen libéral" est celui qui accumule toujours plus de biens pour relancer l'économie et diminuer le chômage. Cette boulimie d'accumulation de biens technologiques procure une illusion d'immortalité et devient un principe sacré, gommant l'univers symbolique de l'homme. Elle inhibe tout désir et capacité à partager ; elle implique une sagesse "de supermarché".

4 - L'arrêt du temps

Estragon : - J'ai fait un rêve.
Vladimir : - Ne le raconte pas.
Estragon : - Je rêvais que …
Vladimir : - NE LE RACONTE PAS.
Estragon : - … le temps s'est arrêté. (En attendant Godot de Samuel Beckett).

Sous l'effet d'une émotion, devant une œuvre d'art, un beau coucher de Soleil, l'observation des galaxies, nous éprouvons comme un arrêt du temps. Mais l'on sait que, même si les aiguilles d'une montre s'arrêtent, le temps lui ne s'arrête pas.

Tous les dispositifs mécaniques pour mesurer le temps ne font que reproduire un mouvement régulier, en général par saccades successives, par sauts brusques, c'est-à-dire d'une manière discontinue. Mais le temps peut-il être discontinu ? Si le temps s'arrêtait pendant un bref instant : il n'y aurait plus de temps  pendant un certain temps  oui mais  pendant combien de temps ? On serait incapable de le mesurer. On est incapable de penser l'arrêt du temps...

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V - LE TEMPS DE L'ESPERANCE ET DE L'ETERNITE

Pour Levinas :
QUELQUES CITATIONS POUR FINIR :
"Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; si je cherche à l'expliquer à celui qui m'interroge, je ne sais plus. Cependant j'affirme avec assurance, qu'il n'y aurait point de temps passé, si rien ne passait ; qu'il n'y aurait point de temps à venir, si rien ne devait succéder à ce qui se passe, et qu'il n'y aurait point de temps présent si rien n'existait. Il y a donc deux temps, le passé et l'avenir ; mais que sont-ils, puisque le passé n'est plus, et que l'avenir n'est point encore ? Quant au présent, s'il était toujours présent, et ne tombait point dans le passé, il ne serait plus le temps, mais l'éternité." Saint Augustin (Livre XI des Confessions).
" Le temps est l'image mobile de l'éternité" (Platon - Timée).
"Le temps est une image de l'éternité mais c'est aussi un ersatz de l'éternité" (Simone Weil).
"Le temps n'est qu'un moment de l'éternité qui appartient à Dieu".
"Le temps est un fleuve oublieux de sa source".
"L'éternité contient le temps qui s'écoule mais l'éternité ne s'écoule pas lui-même".
"Si le temps est impensable, l'éternité l'est encore plus".

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VI - DES APPLICATIONS POSSIBLES EN SCIENCES

1 - Des pistes de recherche en sciences

La science s'ouvre à la Connaissance mais elle conduit en fin de compte au seuil de la porte qui mène " au transcendantal ". "Les vérités les plus profondes ne s'approchent que par la ruse du mythe, du paradoxe, de l'humour ou de la transposition de l'art…. Dieu est silencieux, et tout ce qui vaut dans le monde est gonflé de silence." (Mounier).

L'outil privilégié est l'étude de ce que disent les mythologies anciennes. Mais en sciences, on peut aussi utiliser plusieurs entrées spécifiques. Par exemple partir du concept de temps.

2 - Le cadran solaire

On peut par exemple construire un cadran solaire ce qui permet de préciser un certain nombre de grandeurs liées au mouvement apparent du Soleil, à la latitude à la définition du jour et de l'heure etc.

Les cadrans solaires sont très souvent ornementés de citations se rapportant au temps de la vie. Ces citations peuvent être le prélude à une réflexion un peu profonde avec les élèves.
"Fugit tempus".
Je passe et je reviens, tu passes et ne reviens pas.
Tu es suivi de la mort comme l'heure de l'ombre.
Mortel sais-tu à quoi je sers. A marquer les heures que tu perds.
Passant, passez, tout fuit et trépasse.
Sans le soleil je ne suis rien, toi sans Dieu tu n'es rien.
Éternelle comme le fer, celle-ci fuit comme l'ombre.
Profite de l'heure présente, mais crains en une.
Mortel je règle ta carrière, cette heure peut-être ta dernière.
"Vienne la nuit, sonne l'heure ; les jours s'en vont je demeure" (Apollinaire).
La dernière nous est cachée.
L'homme passe comme une ombre.
Je ne compte que les heures heureuses.
Je suis à l'heure … et toi (à l'entrée d'un collège).
Mets la joie dans ta vie, aime, travaille et prie.
L'ombre du gnomon donne les heures égales aux riches comme aux pauvres.


3 - Le gnomon
 
L'étude de l'ombre d'un simple bâton planté bien verticalement (un gnomon) permet de déterminer la latitude d'un lieu. Un gnomon permet de définir la Méridienne d'un lieu, c'est-à-dire la direction nord-sud.

A noter : Remise au goût du jour par le "Da Vinci code", la méridienne de l'église St Sulpice à Paris ne fait pas appel à un gnomon.

4 - La clepsydre

Une partie du programme de physique de seconde concerne la mesure du temps. Dans ce cadre, il est intéressant de demander aux élèves de fabriquer une horloge à eau (une clepsydre) et de l'étalonner On peut poursuivre ce travail par une étude historique de l'évolution des "gardes temps".

Un tel travail peut déboucher sur une réflexion plus large concernant la nature du temps de la vie et de la vie du temps.

5 - Le sablier qui s'arrête

On peut imaginer une autre approche. Par exemple, on observe un sablier en fonctionnement. Sans être magicien, il est possible d'arrêter quelques instants l'écoulement du sable. Il suffit de poser ses doigts sur l'ampoule inférieure La petite élévation de température du gaz qui en résulte provoque une légère surpression qui contrarie, pendant un bref laps de temps, la chute du sable.

En dehors de l'aspect lié à la physique, l'expérience peut constituer un prélude à différentes questions : peut-on arrêter le temps ? Chercher les moments où l'on n'a plus "conscience du temps", par exemple quand on dort ou quand on admire un beau spectacle, une œuvre d'art, les moment où on échappe au temps.  

Est-ce que le temps existe quand on ne le mesure pas ?

Que mesure une horloge ? Si l'on répond du temps, cela signifie que l'on sait ce qu'est le temps. Or, on a vu précédemment que l'on ne pouvait pas confondre l'objet qui mesure avec ce que l'on mesure.

6 - Le calendrier des postes

A partir du calendrier des Postes, on peut étudier le calendrier Liturgique et la prévision de la date de Pâques. Mais l'on peut passer du temps physique ou cosmologique au temps perçu par la conscience, au temps de l'existence.

On peut enfin retrouver les grandes interrogations humaines sur le début des temps (son origine), sur sa fin ou sur son éternité. Un temps pour qui ? Un temps pour quoi ?

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Christian Larcher
Professeur agrégé de sciences physiques
 
Créé le 15/11/2011
Modifié le 18/11/2011