La fête des morts au Mexique : de la religion ? l'identité culturelle
La fête des morts au Mexique : une approche religieuse et profane de la société mexicaine dans toute sa diversité. De la 6ème à la Terminale.
Liens avec les programmes : Fête de Morts au Mexique, programme de troisième.

Niveau : Activité préparée surtout pour les étudiants du lycée, mais adaptables pour le collège

1 - Thème : La fête des morts est l'une des plus grandes fêtes du Mexique et a été classée par l'UNESCO dans la liste du patrimoine mondial immatériel. Elle a lieu le 1er et le 2 novembre et coïncide avec la célébration de la Toussaint. Pour les Mexicains, ce sont des jours d'allégresse parce que, selon les croyances héritées des cultures indiennes, les personnes aimées qui ne sont plus de ce monde reviennent parmi eux.
A ces dates, la plupart des Mexicains se rendent dans les cimetières. Dans certaines régions, les cimetières deviennent un lieu de fête. Les gens ornent les tombes avec des fleurs et des cierges, ils préparent de la nourriture et passent la nuit et la journée avec leurs défunts dans une ambiance de liesse
Mais dans l'intimité des foyers, une autre manifestation marquait l'arrivée des muertitos. L'offrande ou autel des morts, l'une des parties primordiales de cette célébration, est la sublimation matérielle de la foi religieuse et de l'amour des ancêtres. Cette manifestation intime s'est transformée au fil des siècles en bastion identitaire et véhicule aujourd'hui les revendications les plus diverses. L'autel a quitté les recoins les plus privés des maisons pour être exposé dans les écoles, les mairies, les places, les centres culturels. Il s'est adapté à l'évolution du Mexique pour perdurer et garder sa mémoire. Cette tradition dans ses différentes facettes - religieuse et profane, respectueuse et moqueuse, ancestrale et moderne- est devenue un miroir de la société mexicaine et nous parle de sa diversité, de ses croyances, de ses convictions politiques, de son environnement naturel. Elle nous offre une étonnante synthèse de l'histoire du pays.

2 - Contenus culturels :
- La tradition de la Fête des Morts au Mexique
- La vision de la mort dans la littérature mexicaine
- La Fête des Morts dans l'art mexicain (Diego Rivera, Posada)
- Le métissage culturel et religieux du Mexique

3 - Contenus linguistiques :
- La comparaison : En Francia el 1° de noviembre es un día triste, mientras que en México es alegre. Al igual que en Francia, en México la gente lleva flores al cementerio.
- Vocabulaire lié à la Fête des Morts : velas, calaveras de azúcar, papel picado , esqueletos, pan de muerto…
- Exprimer une opinion : sobre regalar calaveras de azúcar con el nombre de la gente, sobre la relación de los mexicanos con la muerte, sobre las calaveras periodísticas, sobre la fiesta de muertos…
- Pratique orale libre sur le sujet.

4 - Démarche pédagogique :
Par le biais d'une exposition d'autel de morts mexicain, les élèves découvrent dans le cadre des cours de conversation avec l'assistant d'Espagnol, la tradition de la Fête des Morts. Ils apprennent le vocabulaire lié à cette manifestation et les caractéristiques principales de la célébration. Cette découverte est approfondie, dans un deuxième temps, par leur professeur d'espagnol dans l'étude d'un document iconographique. Pour ceci, plusieurs possibilités existent : On peut travailler aussi bien l'une des nombreuses peintures de Diego Rivera sur la Fête des Morts (Les fresques de La ofrenda ou La comida, ou le tableau Día de Muertos), que les très célèbres gravures de José Guadalupe Posada représentant les différentes composantes de la société mexicaine comme des Calaveras. Tout cela peut être couronné par l'étude d'un texte littéraire mexicain de Juan Rulfo (un extrait de Pedro Páramo) où l'on perçoit autrement le rôle de la mort dans l'imaginaire des mexicains, ou encore par l'étude de Calaveras journalistiques, ces poèmes de critique politico social publiés par tous les grands journaux le 1er novembre où la mort devient un personnage et les célébrités (artistiques, politiques) mexicaines, des défunts.

Cette exposition ouvre également la voie à un travail interdisciplinaire. Les professeurs de langues ont la possibilité d'aborder cette célébration dans d'autres pays (Etas-Unis, Grande Bretagne, Allemagne, Italie). Les professeurs d'histoire ou de philosophie peuvent étudier la vision de la mort par d'autres religions, d'autres cultures et à d'autres époques.

NB :
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5 - Exploitation du cours par l'élève :
Les élèves découvriront la tradition de la fête des morts et, plus particulièrement, les autels de mort, avec tous ses éléments qui les composent et leur signification. Ils pourront pénétrer plus profondément la vision des mexicains vis-à-vis de la mort à travers l'étude de documents littéraires, journalistiques ou iconographiques.

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Réaction d'un internaute :

"Dans le sujet sur la mort au mexique qui m'a beaucoup interéssée et que je
ferai connaître, je relève 2 manques de précisions dans la présentation qui
entraîne à mes yeux des erreurs :

- le 1er novembre est présenté en France "comme un jour triste". Cela n'est pas exact. Pour les croyants chrétiens c'est une fête de tous les saints, une liturgie joyeuse. Le jour des morts est le 2 novembre. Il est vrai que l'ignorance en culture religieuse incite les médias à glisser le souvenir sur le 1er [novembre] mais un enseignant se doit de relever l'écart entre les deux, ne
serait-ce que par respect pour les chrétiens et leur théologie et en expliquer l'origine

- deuxième point, pour l'apparition de la Vierge, il est dit "suivant la
légende"
. On voit déjà le regard subjectif du doute. Il serait plus
respectueux de dire "pour les croyants" puisque toute apparition est objet
de foi, non de rationalité mais ne s'identifie pas à un mythe ou [une] légende...
merci et bonne continuation..." GD de Grenoble

Réponse de l'auteur :

"Merci pour l'intérêt que vous avez porté au document sur la fête des morts
au Mexique.

En ce qui concerne vos observations :

1- Effectivement, dans les contenus linguistiques il y a la phrase
suivante : "En Francia el 1° de novembre es un día triste, mientras que en
México es alegre".
Il s'agit d'une phrase que j'ai retenue lors de mes cours
de conversation et l'une des plus courantes quand je demande aux élèves de
comparer les célébrations des morts en France et au Mexique. C'est pour cela
que je l'ai utilisée pour illustrer la comparaison comme contenu
grammatical. Je peux mettre cette phrase entre guillemets pour permettre de
mieux comprendre sa fonction d'exemple et non pas d'affirmation. Au même
temps, ceci peut permettre aux professeurs de s'attendre à ce type de
réaction de la part des élèves et de préparer une explication convenable.
D'autre part, dans la partie où je parle du métissage religieux du Mexique,
je précise bien que dans la tradition chrétienne le 1er novembre correspond
à la Toussaint, et que la fête des morts a lieu le 2 novembre. Il est vrai
que je ne parle pas du caractère de chaque célébration.

2 - En ce qui concerne la Vierge de Guadalupe, j'ai écrit le texte depuis ma
perspective mexicaine. Chez nous, même les personnes les plus croyantes
parlent de "la leyenda de la Virgen" o "según la tradición" et cela
n'implique pas de manque de respect. Moi-même, je suis issu d'une famille
catholique traditionnelle et très "guadalupana", et nous avons toujours
parlé de "leyenda" ou "mito", sans que cela ait aucune influence sur la foi.
On parle également du Mythe du paradis, du déluge, etc. Cela fait peut-être
partie des paradoxes du catholicisme mexicain !!!

Merci beaucoup pour vos commentaires. "

Neme Capitaine Antonio
Enseignant en espagnol
 
Créé le 14/11/2011
Modifié le 27/09/2012