La Vierge ? l'enfant : quelques pistes pour le cours d'allemand
L'étude des Madones de Lochner, Schongauer, Grünewald, en cours d'allemand : une façon d'aborder la fête de Noël, de saisir le passage entre deux époques, d'approcher et d'aborder le symbolisme caché de Panofsky - de la 6ème à la Terminale.
a     Was ? = quelles oeuvres ?

- Stefan Lochner, Madone à la Roseraie, vers 1450.
- Martin Schongauer, La Vierge au Buisson de roses, 1473.
- Matthias Grünewald, Nativité (Retable d'Isenheim), vers 1510-1515.

Pour visualiser les trois Madones, [pdf=187_5.pdf]cliquez ici[/pdf] (fichier au format PDF).

b     Wer ? = quel public?
 
Comme de nombreux documents iconographiques, les trois madones peuvent être abordées quel que soit le niveau de la classe. Peut-être le sujet est-il particulièrement adapté :
- aux  élèves  de 6e et 5e, qui aimeront les couleurs vives et la relation explicite à Noël ;
- aux élèves  de Première et Terminale - a fortiori aux étudiants - qui sauront  faire la différence entre une œuvre d'art et la foi personnelle.

c     Warum ? = pourquoi ce choix ? / Wozu ? = dans quel but ?

- Travailler la question du sens : que fête-t-on à Noël ?
- Aborder l'analyse des oeuvres d'art avec un sujet assez facile.
- Saisir le passage entre deux époques, entre deux cultures.
- Approcher / approfondir le " symbolisme caché " de Panofsky.

d     Wann ? = quand ?

- Avant les vacances de Noël, bien sûr.
- Mais peut-être pas le jour de la sortie, souvent banalisé ( match, film).

e     Wieviel ? = combien de temps ?

- Cela dépend de la classe, et du degré de fatigue et d'énervement des élèves.
- Une heure par madone, plus une heure de débat, semble être une bonne moyenne.

f      Wie ? = Comment ?a


SAVOIRS

- Jésus, nouvel Adam - Marie, nouvelle Eve.
- Le symbolisme des couleurs, mais aussi de la licorne, des fleurs et des oiseaux.
- La mise en scène d'un tableau (chez Lochner, deux anges ouvrent un rideau).
- Du Gothique International à la Renaissance.

SAVOIR-FAIRE

- Aiguiser son regard (chez Lochner, un petit ange est bien caché).
- Imaginer ce que pouvait être une œuvre à l'origine (avec la copie de Boston, qui montre que La Vierge de Schongauer a été mutilée).
- Déceler continuités et ruptures (comparer la Madone de Lochner avec une oeuvre typique du Gothique international, par exemple Le Jardin d'Eden du Maître du Haut-Rhin)
- Replacer une œuvre dans un ensemble (la Nativité de Grünewald en relation avec le Concert des anges et le retable tout entier).
- Saisir ce qu'est une oeuvre de dévotion : ces trois madones n'étaient pas destinées à devenir des oeuvres de musée.
- Réinvestir ses connaissances : en quoi le tableau Fillette blonde avec poupée d'August Macke s'inscrit-il dans la continuité des madones étudiées ?
- Comprendre ce qui a pu choquer et pour quelles raisons : le célèbre tableau de Max Ernst s'impose, mais aussi Sainte Nuit d'Emil Nolde, qui permet d'aborder le sujet de l'Art Dégénéré.

SAVOIR-ETRE

- Se laisser imprégner de beauté.
- Goûter les harmonies des couleurs primaires.
- Dépasser le stade de l'ironie facile (le pot de chambre du Retable d'Isenheim est pour cela un bon support).
- Se laisser toucher par la tendresse, l'inquiétude d'un regard et d'un geste - dans un tableau, et aussi dans la vie.

QUELQUES OUTILS
 
- Les trois madones sont reproduites en couleur, ainsi que la Copie de Boston, le Jardin d'Eden, la Nativité de Grünewald avec le Concert des anges et la première ouverture du Retable d'Isenheim, et aussi les oeuvres citées de Macke, Max Ernst et Nolde.

- Un tableau donne les renseignements nécessaires sur les artistes et les oeuvres

- Une grille de lecture d'image indique la méthode à suivre ainsi que le vocabulaire nécessaire.

- A titre d'exemple, la Vierge de Schongauer est reproduite en noir et blanc, pour que les élèves écrivent d'une couleur ce qu'ils voient, d'une autre quelles conclusions ils en tirent. (Si cela est possible, il vaut encore mieux faire photocopier les oeuvres en A4 au milieu dune feuille A3)

- Le même procédé (mais un A4 suffit) permet de réviser le vocabulaire du paysage, du corps et du visage, dont les élèves comprendront sans peine à quel point il est utile.

- Un tableau de mots composés aide à l'apprentissage de vocabulaire spécifique.

- Grâce à des bulles chacun est conduit à se demander ce que pensent les personnages, ce qui explique leur attitude, leur regard : il n'est pas interdit de faire preuve d'un peu d'humour !

- Une grille invite à comparer les trois oeuvres, ce qui revient à les analyser plus finement.

Bibliographie sommaire permettant d'approfondir le sujet :

ANTOINE, Elizabeth et al., Sur la terre comme au ciel. Jardins d'Occident à la fin du Moyen Age, Paris, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 2002.

BARNAY, Sylvie, La Vierge.  Femme au visage divin, Paris, Gallimard, 2000.  

BIALOSTOCKI, Jan, L'art du 15e siècle des Parler à Dürer, Paris, Librairie Générale Française, 1993.

BOESPFLUG, François, et al., Lumière et Théophanie, L'Icône, Connaissance des Religions, Hors Série, 1999.

BRION, Marcel, Les peintres de Dieu, Paris, Editions du Félin, 1996.  

BRON, Jean-Albert et LEIGLON, Christine, A la découverte de l'image, Paris, Ellipses, 2001.

BUDDE, Rainer. Köln und seine Maler, 1300 - 1500. [Cologne et ses peintres, 1300 - 1500], Köln,  DuMont Buchverlag, 1986.  

BURNAND, Caroline et BELLAN, Monika, Panorama de la culture allemande, Paris,  Ellipses, 1997.

BUTZKAMM, Aloys, Christliche Ikonographie. Zum Verstehen mittelalterlicher Kunst, Paderborn, Bonifatius, 2001.
 
CAZENAVE, Michel, Encyclopédie des symboles, Paris, Librairie Générale Française, 1996.  

CERBELAUD, Dominique et al., Ce que nos yeux ont vu. Richesses et limites d'une théologie chrétienne de l'image, Lyon, Profac, 2000.

CHEVALIER, Jean et GHEERBRANT, Alain, Dictionnaire des symboles, édition revue et augmentée, Paris, Robert Laffont, 1982.  

DALARUN, Jacques (dir.), Le Moyen Age en lumière, Paris, Fayard, 2002.

DEBRAY, Régis, Le Nouveau Testament à travers cent chefs d'œuvre de la peinture, Paris, Presses de la Renaissance, 2003.

DUCHET-SUCHAUX, Gaston et PASTOUREAU, Michel, La Bible et les saints, Paris, Flammarion, 1994.

DUPEUX, Cécile (dir.), Iconoclasme, Vie et mort de l'image médiévale, Somogy Editions d'Art, 2001.

EÖRSI, Anna,  La peinture de style gothique international, Paris, I.A.M., 1984.

GLASER, Kurt, Les Primitifs allemands du milieu du 14e siècle à la fin du 15e, Paris, Editions G. van Oest, 1931.

HECK, Christian,  Martin Schongauer, Colmar, SAEP, 1985.  

KIRCHBAUM, Engelbert, s. j. et BRAUNFELS, Wolfgang, s. j. (dir.), Lexicon der christlichen Ikonographie, Freiburg im Breisgau, Herder, 8 vol., 1968 / 1994.

LASSAIGNE, Jacques et ARGAN, Guilio-Carlo, Le quinzième siècle de Van Eyck à Boticelli, Genève, Editions Albert Skira, 1955.

LE PICHON, Yann, Le merveilleux livre de l'Enfant Jésus, Paris, Droguet et Ardant, 1992.

PANOFSKY,  Erwin, Essais d'iconologie, Paris, Gallimard, 1967.

PASTOUREAU, Michel, Bleu, Histoire d'une couleur, Paris, Seuil, 2000.

PORTAL, Frédéric, La symbolique des couleurs, Puiseaux, Editions Pardès, 1999. Publié initialement sous le titre Des couleurs symboliques, Paris, Treuttel et Würtz, 1857.

RENAULT, Christophe, Reconnaître les saints et les personnages de la Bible, Paris, Editions Jean-Paul Gisserot, 2002.

RENOUARD DE BUSSIERRE, Sophie, Martin Schongauer, Maître de la gravure rhénane, Paris, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1992.

REYNAUD, Nicole, Les primitifs de Cologne, Paris, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1974.

SERODES, Françoise, Histoire de la peinture allemande, Paris, Ellipses, 2001.

STANGE, Alfred, La peinture allemande du 14e au 16e siècle, Paris, Editions Hypérion, 1950.

SUCKALE, Robert et WENINGER, Matthias, La peinture du Gothique, Cologne, Taschen, 1999.

VIRCONDELET, Alain, Je vous salue, Marie, Paris, Editions du Chêne, 1996.

WUNDRAM, Manfred, Lochner. Maria im Rosenhag [Lochner. La Vierge au buisson de roses], Stuttgart,  Philipp Reclam, 1965.
 
Créé le 14/11/2011
Modifié le 17/11/2011