Pour une pédagogie de l'art sacré
Voici quelques pistes pour une réflexion "pédagogique" élaborée par une  professeur d'art plastique, en référence aux travaux de Régis Debray et au recteur Philippe Joutard. Fil rouge de cette réflexion : comment sensibiliser les élèves à l'art sacré.
C’est au XIXe siècle que commença à être agitée la question d’un art religieux chrétien. Il fut désigné de multiples façons : art religieux chrétien, art chrétien, art catholique, art d'église, art chrétien moderne, art sacré. Sans débattre de son contenu, j’adopte ici la dénomination large d’"art religieux", et je rappelle aussi ce que Marcel Gauchet appelle la "sortie de religion" du monde "moderne", un processus qui ne signifie pas la disparition de la religion mais sa transformation en un système de croyances, une conviction personnelle, très différent de son rôle dans le monde "pré-moderne", où elle organise l’espace social, juridique et politique et définit les liens entre les êtres.

En quoi consiste le "sacré" dans une oeuvre religieuse ? Pour Marcel Gauchet, "On est dans le sacré quand on a une attestation physique, matérielle, personnelle du surnaturel. Le sacré se situe à la rencontre d’une entité matérielle et d’une réalité surnaturelle – un lieu peut être sacré, une personne peut être sacrée, un objet peut être sacré. Il y a toujours la rencontre du tangible et de l’invisible, du charnel et du surnaturel. Pour les catholiques, l’objet sacré type, c’est l’eucharistie. Ce n’est qu’un tout petit morceau d’un pain azyme, mais qui est chargé d’une présence divine". Le mot a donc un sens précis, qu’on peut rapprocher de ce que Régis Debray dit de l’oeuvre d’art : il explique qu’elle tire son "pouvoir" non d’elle même, mais de la communauté dont elle fut le symbole, de la tradition dont elle est porteuse. Debray en déduit que le sacré n’appartient pas aux images sacrées, qu’il est "dans la relation de l’homme à ces objets, la relation à ces symboles" et que "la résurrection esthétique des œuvres du passé ne fait pas revivre ipso facto la transcendance qui les portait et qui les transportait".

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Françoise Caussé
Professeur agrégée d'art plastique
 
Créé le 14/11/2011
Modifié le 04/05/2015