Lieux de culte, de prière, de dévotion ...
Synagogue, église, mosquée, temple hindou, stupa, temple bouddhiste, sanctuaires shinto, autant de lieux de culte, de prière, de dévotion à découvrir.
Sources : Sklerijenn, n° 42, mai 2007.

LA SYNAGOGUE

Le judaïsme est tourné à la fois vers la communauté et vers la famille. Dans le monde moderne, on peut s’en rendre compte à travers les deux principaux lieux de l’espace sacré : la synagogue et le foyer. En effet, les fêtes se déroulent pour une partie, dans la synagogue, et pour une autre partie, dans la maison, véritable centre de la vie religieuse.

Le mot synagogue vient du grec et signifie "rassemblement".

La synagogue est née au début de la diaspora, lorsque le Temple fut détruit pour la première fois et que les juifs furent exilés à Babylone. Il leur fallut alors trouver un lieu pour se retrouver et prier. Centre communautaire et lieu d’enseignement, elle est devenue lieu de culte. Une synagogue est toujours orientée vers Jérusalem. Une plaque, le Mizrakh (Orient), posée sur un des murs indique la direction de Jérusalem. Tout est centré autour de la Torah. Le texte, inscrit sur deux rouleaux, est placé dans une niche nommée l’Arche d’Alliance. Comme dans le Temple, une lampe toujours allumée, suspendue au plafond, brûle en signe de la présence divine.

Au milieu de la salle, une estrade surélevée (la Binah) comporte un pupitre pour lire le texte. Dans certaines synagogues, les femmes se trouvent au premier étage, séparées des hommes comme c’était le cas dans le Temple ; dans d’autres synagogues, elles se placent à gauche et les hommes à droite ; dans d’autres enfin, il n’y a aucune séparation. La menorah (chandelier à sept branches) est également présente. Généralement toute représentation humaine est interdite dans les synagogues.

L’EGLISE

Le mot "Eglise" fait à la fois référence au corps des fidèles professant la foi chrétienne et à chaque courant religieux au sein de celui-ci. Il désigne aussi la résidence de Dieu sur Terre et le lieu où les chrétiens se rassemblent pour célébrer leur culte. Ces différentes notions se retrouvent dans plusieurs langues : église, church, Kirche, iglesia sont autant de mots dérivés du grec "kuriakos (domos)", maison du Seigneur, ou du mot "ekklesia", rassemblement.

Aujourd’hui, le grand nombre des confessions chrétiennes apparaît dans la diversité des styles architecturaux et des décorations intérieures des églises. Mais au cours des premières années de l’histoire chrétienne, lorsque les chrétiens étaient persécutés, les églises en tant que bâtiments spécifiques n’existaient pas, le culte était célébré dans des domiciles privés ("maisons église") et les morts enterrés secrètement dans les catacombes.

Lorsque prirent fin les persécutions, au IVe siècle, les chrétiens purent se réunir publiquement. A partir du règne de l’empereur Théodose, les temples païens furent détruits ou convertis à un usage chrétien et de nouvelles églises furent édifiées, dont la splendeur était destinée à honorer le souverain terrestre aussi bien que Dieu. Beaucoup abritaient des os de martyrs ou d’autres reliques vénérées, faisant du paysage chrétien primitif un réseau de lieux de pèlerinages sacrés.

Les plus anciennes églises en Occident furent construites sur le modèle de la "basilique", le bâtiment public principal de chaque ville ou village romain, faisant à la foi office de lieu de réunion et de tribunal. L’église est axée sur une travée longitudinale qui conduit de la porte principale jusqu’au choeur (ou sanctuaire) ; l’autel, où sont célébrés les offices, se trouve à l’avant de l’église, à l’est.


Au début du Moyen Âge, un autre type architectural apparut, celui de l’église cruciforme, ainsi appelée à cause de son plan en croix : une nef centrale (du latin signifiant navire), long axe principal traversé par deux ailes transversales ou transept.

Dans les Eglises orthodoxes d’Orient, les lieux du culte, anciens ou récents sont construits selon un plan carré et surmontés de coupoles caractéristiques : le cercle de la coupole symbolise l’infini tandis que le carré symbolise le fini, c'est-à-dire l’homme. L’église est le lieu de rencontre entre l’homme et Dieu.

En mettant en évidence un espace lumineux et propice à l’élévation de l’âme, la conception de l’église médiévale se fondait sur l’interaction du symbolisme théologique et de l’harmonie géométrique. L’orientation spatiale était une préoccupation essentielle. L’entrée était à l’ouest, lieu du soleil couchant, des ténèbres et de la mort, que le fidèle laissait symboliquement derrière lui en entrant dans le sanctuaire et en s’approchant de l’autel, à l’extrémité est, direction du soleil levant, de la lumière, de la Résurrection. Le côté nord représentait l’Ancien Testament et le côté sud, le Jugement dernier et la Nouvelle Jérusalem, paradis chrétien sur terre.

LA MOSQUEE

Depuis la période médiévale, l’unité remarquable de foi et de pratiques religieuses qui caractérise les diverses cultures constituant la communauté musulmane trouve une expression dans le site principal du culte islamique : la mosquée, en arabe masjid "lieu ou le fidèle se prosterne".

A l’époque de Mohammed, les premiers musulmans n’ont pas de lieu particulier pour prier. Ce n’est qu’au cours du Moyen-Âge que cet édifice apparaît. Il prend modèle sur la maison de Mohammed à Médine dans laquelle, selon la tradition, le prophète dirige la prière commune, accueille les pauvres, anime des réunions politiques, répond aux questions des fidèles ou encore procède au partage du butin après les batailles.

La mosquée est le cœur de la communauté musulmane, la maison commune. On vient y prier, s’y retrouver, bavarder…Un autre terme arabe pour la désigner, jâmi, évoque "le lieu où on se rassemble". Il existe de nombreuses petites mosquées, parfois simplement une salle de prière, dans les différents quartiers. En pays musulman, il existe une mosquée principale dans chaque ville.


La plupart des mosquées sont construites sur le même plan. On y retrouve les éléments suivants :
- Une cour avec des fontaines pour les ablutions rituelles.
- Un minaret (en arabe manâra) : c’est une tour du haut de laquelle le muezzin lance l’appel à la prière. Il n’est pas indispensable, l’appel peut se faire du toit. Il n’y a pas d’appel dans les pays non musulmans.

Puis, dans la salle de prière qui est souvent couverte :
- Le mihrab : c’est une niche creusée dans le mur qui indique la direction de La Mecque. C’est l’élément indispensable de la mosquée, il permet aux croyants de s’orienter pour prier.
- Le minbar : c’est la chaire ou l’estrade de celui qui s’adresse aux fidèles, comme Mohammed s’adressait aux premiers musulmans.

Les plus grandes mosquées ont aussi des espaces réservés pour l’accueil des plus pauvres, des malades et des lieux pour enseigner le Coran.

Les mosquées ne comportent aucune image. Il est impossible pour les musulmans de représenter Dieu, le visage du prophète et de manière générale, de donner des images humaines.

LE TEMPLE HINDOU

Le temple est considéré comme un lieu de "transit" où un homme peut "traverser" (thirta) l’océan de la vie à la mort. A cet effet, de nombreux temples sont situés à proximité d’une mer, d’un lac, d’une rivière ou même d’une source. Lorsque ça n’est pas le cas, on construit un puits ou un bassin. Les pèlerins se purifient physiquement et moralement dans ces bassins avant de pénétrer dans le temple.

Le saint des saints du temple est un traditionnellement un espace sans fenêtre, à l’instar des grottes sacrées qui furent les premiers lieux de culte hindous.

La prière dans les temples est attestée depuis le début de début de notre ère, pourtant les grands temples-cités sont postérieurs au VIe siècle. Les hindous qui émigrèrent vers l’Asie du Sud-Est y construisirent également des temples, afin d’assurer la survie de leur religion, lesquels, parce qu’ils étaient appelés à devenir de grands centres religieux, culturels et économiques, devaient être construits selon des règles strictes, à l’image du cosmos. Certains, parmi les plus importants sont entourés de plusieurs enceintes représentant les sept niveaux du ciel dans la cosmologie hindoue.

Ces vastes ensembles se rattachent aux grandes écoles et sont consacrés à Vishnou, à Shiva ou à la Déesse, et à leur suite. Les dieux et déesses sont souvent adorés sous leur nom local ou régional. Il n’est pas rare que le temple abrite des sanctuaires distincts pour le dieu, son ou ses épouses, d’autres serviteurs divins et les saints.

La plupart des hindous fréquentent le temple de leur localité, ou tout autre lieu saint revêtant un intérêt particulier pour leur famille depuis plusieurs générations, et certains économisent pour effectuer un pèlerinage jusqu’à un site sacré éloigné. Les émigrants vivant hors de l’Inde, pour qui un tel pèlerinage est impossible, peuvent néanmoins suivre les rites qui s’y déroulent grâce à des films vidéo ou à des programmes de télévision diffusés à leur intention. De plus, les hindous peuvent en tout temps prier chez eux dans le lieu réservé à la prière familiale.

Chez les hindous, l’espace sacré est le lieu où les fidèles viennent contempler la divinité dans son sanctuaire et écouter la lecture des textes sacrés. Jadis, les religieux se montraient très prudents dans le choix des personnes à qui ils dispensaient leur enseignement. Mais, aujourd’hui, sur Internet, l’image des divinités, des maîtres et des gourous est accessible à tous. Chacun peut avoir accès aux chants et à la récitation des textes sacrés. Les grands gourous ont parfois jusqu’à cinquante sites, crées par leurs fidèles. Certaines organisations parlent, à propos de leur site, "d’ashram électronique", un ashram étant un lieu d’étude religieuse ou un ermitage. Les dévots prennent très au sérieux les images des divinités transmises par Internet. On rappelle parfois aux fidèles que télécharger ces images serait irrespectueux, mais le "cyber-dévot" a désormais un accès direct aux sermons de son gourou et à la récitation des prières sans avoir besoin de se déplacer au temple.

LE STUPA ET LE TEMPLE BOUDDHISTE

Dans ses dernières instructions données à ses disciples le Bouddha demanda que son corps soit incinéré, et ses cendres enfouies sous une série de stupas, à l’origine des tumulus funéraires, qui deviendront des lieux de prière et de méditation. Au fur et à mesure de son évolution, le stupa indien va s’orner de représentations de Bouddha, des événements de sa vie ou d’autres récits importants racontés dans les textes bouddhiques.

Le stupa a pris des formes très différentes dans les divers pays bouddhistes. Dans l’Asie du Sud-Est, les sanctuaires ont souvent conservé la forme basse et arrondie du stupa traditionnel. Au Tibet, le stupa origine s’est étiré vers le haut. La forme jaillissante des pagodes de Chine, d’Inde ou du Japon est issue des gracieux parasols qui ornaient le sommet des stupas indiens.

En Inde, les bouddhistes suivirent la tradition locale qui consistait à construire des temples. Les premiers furent construits dans des grottes à l’ouest de l’Inde. En général, l’ouverture de la grotte conduit à un vaste espace ou les fidèles prient assis ou debout devant un petit stupa ou une statue du Bouddha. La statue est parfois placée dans une pièce séparée qui évoque la "maison-matrice" du temple hindou. Au cours des dernières années, d’importants efforts ont été déployés pour reconstruire certains des grands temples bouddhistes indiens détruits au cours des XIIe et XIIIe siècles.

Les temples hindous ont fortement influencé l’architecture religieuse dans l’ensemble du monde bouddhique. L’espace sacré délimité par le temple peut être interprété comme une représentation du monde. Le dôme central d’un stupa représente le mont Méru, la montagne cosmique située au centre du monde, et les parasols qui le surmontent symbolisent les différents niveaux du ciel, occupés par diverses catégories de dieux dans la tradition indienne antique.

Au-dessus des parasols, dans le vide du ciel se trouve le royaume sans limites qu’atteignent les "saints" bouddhistes parvenus au plus haut niveau de méditation, ainsi que les champs des bouddhas et bodhisattvas célestes du mahayana.

Ainsi, la pratique rituelle qui consiste à tourner autour du stupa n’est pas seulement un acte de piété accompli en souvenir de la vie du Bouddha, mais aussi une manière de se positionner fermement au centre du cosmos.

LES SANCTUAIRES SHINTO

Les deux grands types d’édifices religieux au Japon sont les temples bouddhistes et les sanctuaires shinto, les jinja.

Le jinja comprend plusieurs édifices. Si l’on excepte les petits sanctuaires parfois aménagés sur le toit des grands magasins et autres immeubles modernes, ils sont presque toujours situés dans un cadre naturel, ne serait-ce que parmi quelques arbres dans un espace urbain.

Les jinja primitifs étaient constitués d’une clairière entourée d’une palissade, abritant peut-être un élément naturel tel qu’un arbre ou un rocher. Les sanctuaires clos apparaissent dès le début de notre ère. Plusieurs d’entre eux étaient consacrés à des divinités du riz et construits sur le modèle des silos à riz.

Pendant la période de Nara (710-794), les sanctuaires shinto commencèrent à intégrer certains éléments des sanctuaires bouddhiques, tels que les toits relevés aux extrémités et le rouge vermillon remplaçant la couleur naturelle du bois. Le temple shinto a un portail cérémoniel sacré, le torii, qui marque la frontière entre le monde séculier impur et le domaine sacré du sanctuaire.

Le visiteur qui passe dessous est soumis à un rituel de purification qui le débarrasse des impuretés du monde extérieur. Au-delà du torii, le principal édifice est le honden (salle principale) où l’on conserve l’image sacrée du kami (esprit de la nature) auquel est dédié le sanctuaire. Il peut ensuite y avoir un ou plusieurs magasins, un bâtiment situé à l’écart où les fidèles viennent prier et déposer leurs offrandes, et un bassin de pierre pour les ablutions que l’on doit pratiquer avant d’approcher l’image du kami.

Martine Kerfourn
DDEC Finistère
Créé le 08/11/2011
Modifié le 27/09/2012