Le mobilier liturgique
L'étude du mobilier liturgique pour découvrir l'intelligence du message d'une oeuvre d'art sacré.

Autel - Notre-Dame
de Clignancourt à Paris
Sources : Cahiers de culture religieuse, n° 19, mai 2008.

OBJECTIFS

Savoirs

Se souvenir de ce qu’est l’espace sacré.
Connaître le vocabulaire relatif au mobilier dans une Eglise ou chapelle.
Les fonctions des différentes parties du mobilier dans l’Eglise.

Savoirs-faire
Préparer l’entretien avec l’artiste et l’exploiter.
Eveiller à l’intelligence d’un patrimoine religieux.

Savoir-être
Entrer dans une démarche de découverte.
Développer un comportement, un sens du respect des lieux sacrés

FICHE PÉDAGOGIQUE

Quelques jalons pour une démarche pédagogique

1) Rencontre d’un artiste
: on lui demande d’exprimer les étapes parcourues pour réaliser l’œuvre que l’on veut découvrir. Comment il gère la tension à vivre lorsqu’il s’agit d’une commande, entre la liberté d’expression et les exigences de celui qui commande l’œuvre et les autres impératifs tels que le cadre, l’espace, l’environnement. Noter les étapes à partir d’une fiche avec questions à adresser à l’artiste.
2) Visiter les lieux : Eglises, chapelles, couvent, site … (ancrer le plus possible la réflexion et la recherche sur des réalités locales). Des œuvres que l’on peut étudier "in situ". Qui mène la découverte ? Un guide, l’auteur de la création, l’enseignant lui-même.
3) Une recherche à partir de documents photographiques, vidéo, montage diaporama.

Comment naît une œuvre d’art ?
Quelles sont les questions que se pose le créateur ?
Les étapes de l’élaboration d’une œuvre d’art : de la commande à la réalisation.
Exemple : le mobilier de l’Eglise de Rochefort en Terre (56).

1) Étude du cadre
L’artiste va sur place pour étudier le cadre, repérer les éléments qui le constituent :
- l’ambiance, l’éclairage, le préexistant.
- l’autel : quelle est sa fonction ?
- à partir de ce constat, quelle place va-t-on lui donner ?
- la recherche de la cohérence, le lien entre les éléments à créer.
- l’originalité des éléments.
- la proximité avec l’assemblée.

2) À la découverte du sens
La démarche de l’artiste est chemin pour découvrir le sens, le message qu’il veut exprimer à travers son œuvre.

L’autel : il doit être le point focal dans une église, celui qui concentre le regard. Celui où converge le regard de l’assemblée et des visiteurs, d’où une double exigence pour l’artiste :
- aller vers la simplicité des formes relativement petites (115/85). A Rochefort, la forme classique s’impose mais avec une noblesse du matériau utilisé (bois de chêne et bronze).
- faire jouer la lumière, la simplicité du dessin qui s’impose dans ce cadre, dans cet espace intimiste, pour faire ressortir la symbolique et accéder à une impression de plénitude : irradiation solaire à partir du bronze traduisant le rayonnement de la gloire du Ressuscité.

La simplicité des formes et noblesse du matériau sont au service du message à transmettre :
- impression de plénitude : la lumière perce la pénombre.
- effet de rayonnement, la réflexion de la lumière renvoyée de l’autel grâce au matériau choisi, le bronze.
- simplicité des formes, invitant à ce mouvement intérieur qui conduit et éveille à la présence du ressuscité, dont le chrétien recherche la présence dans la célébration eucharistique.

L’art est langage et doit nous introduire dans l’univers symbolique. La visée de l’artiste : faire dégager de cet ensemble, discrétion, simplicité, noblesse qui témoignent du mystère chrétien.

CONCLUSION

Points d’attention

Lors de la visite d’une église, d’un monument religieux, il est important de faire apparaître que ce que l’on fait visiter continue de vivre. Ce ne sont pas des vieilles pierres mais des édifices qui servent à la liturgie. Il en est de même pour l’art contemporain : en faire apparaître la beauté, en éclairer l’histoire, mais surtout attirer l’attention sur leur aspect culturel.
Expliquer la fonction liturgique d’une église, d’un mobilier liturgique, les présenter comme un témoignage de foi chrétienne, appelée à marquer chaque époque de son empreinte.
Dans ce mobilier, la fonction de l’autel, lieu où se célèbre l’Eucharistie. Il doit être le point focal dans une église, celui qui concentre le regard, celui vers où converge le regard de l’assemblée et celui des visiteurs.
L’art est un langage et doit nous introduire dans l’univers symbolique. Il nous invite à un mouvement intérieur qui conduit et éveille au mystère chrétien.

Quelques précisions de vocabulaire
Ambon : vient du mot grec ambôn, qui veut dire bosse ou petit sommet, car il est dans notre église une image du mont Sinaï, le lieu où la voix divine se fait entendre dans sa fraîcheur originelle.
L’ambon est la partie du mobilier qui sert à la liturgie de la parole : Lecture de l’épître et de l’Evangile.
L’ambon, sur lequel est posé l’Evangile est bien plus qu’un pupitre. Il est l’image du Mont Sinaï où Dieu fait entendre sa parole toujours neuve.
Ici, l’ambon comporte un plateau pivotant, ce qui permet de présenter le livre de la parole à l’assemblée.

CAEC Bretagne
Cahiers de culture religieuse 19
1er mai 2008
 
Créé le 12/12/2012
Modifié le 12/12/2012