Pour un enseignement de l'anthropologie religieuse
Mohammed Arkoun nous a légué une œuvre considérable. Il peut être aujourd’hui considéré comme un des précurseurs indirects de la "révolution de jasmin". Son travail ancre définitivement l’islam dans la modernité et permet un éclairage essentiel sur l’étude épistémologique des liens indicibles entre le fait religieux et les appels spirituels, entre le savoir et le croire pour "distinguer sans séparer et unir sans confondre".
Mohammed Arkoun
On peut dire sans risque d’exagération que l’idée d’un enseignement d’anthropologie religieuse et même d’histoire comparée des religions est très largement un impensé dans un grand nombre de systèmes éducatifs tels qu’ils continuent de fonctionner dans les pays où la sécularisation a imposé ses principes de séparation entre ce qu’on appelle couramment la religion et la vie profane en général. Il faut préciser ce qu’on entend par sécularisation dans la culture et la pensée anglo-saxonne d’une part et par laïcité en France d’autre part. La sécularisation réfère à deux processus concomitants :
1) le dépérissement de la pensée, de la culture et de la vie religieuse dans la société ;
2) le transfert plus ou moins explicite ou dissimulé de principes, de catégories, de croyances, de pratiques hérités de la religion vers la sphère profane ou mondaine, ce qui implique un éloignement de plus en plus radical du sacré et des croyances religieuses traditionnelles à mesure que progressent l’autonomie et la fonction critique de la raison, l’intelligibilité objective de la réalité, la connaissance scientifique fiable, la capacité du sujet humain à soumettre l’exercice de ses libertés à une éthique de responsabilité sans cesse réexaminée.

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Mohammed Arkoun
Universitaire
IFER
20 janvier 2011
 
Créé le 11/12/2012
Modifié le 11/12/2012