La laïcité française depuis 1945 : le difficile parcours d'un concept
Une étude sur l'évolution du concept de laïcité depuis 1945.
La guerre de 1939-1945 a constitué une rupture importante dans l'histoire de la laïcité française. Le régime de Vichy, qui s'installe à la faveur de la défaite, s'il n'a pas remis en cause la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat, a porté un rude coup à la laïcité scolaire en détruisant systématiquement ses bases institutionnelles, syndicales et associatives. Sur bien des points, ce fut un retour en arrière (en matière de gratuité scolaire, de législation anticongréganiste…) mais il faut constater aussi que Vichy a réalisé, certes dans une optique idéologique déterminée et à la faveur d'une absence de débat parlementaire, bien des projets antérieurs. Pour finir, en décidant, en 1941, d'accorder une aide financière à l'enseignement privé, ce régime pose les jalons d'un conflit qui va envenimer la vie politique française pendant près de quarante ans.

Notre étude débutera par l'évocation de deux faits majeurs qui ont marqué la période immédiatement postérieure à la Libération : la déclaration de l'épiscopat français sur la laïcité et la reconnaissance constitutionnelle du principe. Mais après une période d'euphorie de courte durée, c'est le conflit scolaire qui reprend pour longtemps et occupe une part majeure du débat politique. Relancée par ses partisans, la question du financement public de l'école privée aboutit finalement à une aide significative, avec le vote de la loi Debré. Celle-ci ouvre une nouvelle ère pour l'école privée (catholique à 95 %) et une nouvelle période de conflit idéologico-politique.

La troisième partie de notre étude s'attachera à l'examen de la laïcité dans la situation nouvelle créée par l'échec du projet scolaire socialiste, après 1984.

L'état des lieux qui clôt cet article écrit en février 2002 ne pouvait intégrer les faits intervenus ultérieurement. Ainsi les conclusions du rapport de Régis Debray ont été suivis d'effet sur deux points : la mise en place du module de formation "Philosophie de la laïcité et enseignement du fait religieux" dans les IUFM et la création d'un Institut européen en sciences des religions. En ce qui concerne le problème du voile islamique à l'école, qui a nourri régulièrement les médias pendant près de 15 années, la loi du 15 mars 2004, votée à une très forte majorité, semble avoir apporté la solution qui s'imposait. Par ailleurs le Conseil français du culte musulman, décliné dans chaque région, a vu le jour en 2003. Malgré quelques tiraillements, il semble jouer son rôle de régulateur. Enfin l'année 2005 a été marquée par le Centenaire de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l'Etat. Même si elle a manqué d'une certaine solennité, cette célébration consensuelle a suscité un ensemble de publications et de colloques d'une bonne tenue scientifique.

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Pierre Ognier
Enseignant chercheur
1er février 2006

 
Créé le 28/09/2012
Modifié le 28/09/2012