La symbolique de Noël
Des éléments pour clarifier le véritable sens de la fête de Noël au travers de ses symboles.
Sources : Sklerijenn, n° 37, septembre 2005.

Comment s'y retrouver quand, chaque année, à l'approche de la période de Noël, nous voyons fleurir un peu partout les slogans publicitaires et les articles de presse reprenant les symboles de Noël qui font rêver enfants mais aussi adultes. Le père Noël est de retour, les lumières scintillent dans les devantures, et les cadeaux ou encore le gui de l'an neuf, autant de symboles qui véhiculent bien des représentations qui sont d'ailleurs de nature à voiler le véritable sens de cette fête de Noël.
Replaçons donc chacun de ces symboles dans son origine : ce sera une manière de prendre le recul nécessaire pour mieux saisir que le sens de Noël n'est pas là même si sans doute nous pouvons y découvrir une part du message. Il nous appartiendra de prendre appui sur ce vécu des élèves et aussi de chacun de nous pour aller plus loin dans la compréhension du mystère de l'Incarnation.
Les quelques éléments que nous vous proposons ci-dessous sur chacun de ces symboles sont là pour vous aider dans votre démarche de clarification du véritable sens de la fête de Noël

Noël : un 25 décembre ? Pourquoi ?
En Occident, c'est en 506 que le pape Jules 1er fixe au 25 décembre la naissance de Jésus. Et de plus, ce n'est que 700 ans environ après la naissance de Jésus que l'on a établi une datation posant comme année 1celle de cette naissance de Jésus. Inutile donc de préciser que le choix de cette date du 25 décembre répond à d'autres considérations. En effet le souci de l'Eglise a été d'évangéliser des rites païens et des phénomènes naturels en instituant la fête de Noël à cette date.
Le 21 décembre, c'est le solstice d'hiver : le jour le plus court de l'année, la nuit la plus longue. A partir de cette date les jours rallongent, c'est le retour de la lumière. On va vers le printemps et la renaissance de la vie dans la nature.
Sur cette période de l'année, en Occident, il existait des fêtes païennes très suivies par les peuples justement pour fêter ce solstice d'hiver (25 décembre dans l'antiquité) :
- Les saturnales romaines célébraient Saturne, Dieu des semailles et de l'agriculture. C'était un jour de liberté pour les esclaves : ils devenaient les maîtres et les maîtres devenaient les domestiques.
- La fête des sigillaires, sceaux ou cachets de terre, était une fête romaine païenne. L'habitude existait alors d'offrir des cadeaux et en particulier aux enfants (anneaux, cachets et menus objets). De plus, cette fête donnait lieu à des festins et les maisons étaient décorées de plantes vertes.
- La fête de la naissance de Mithra, divinité iranienne à qui on sacrifiait un jeune taureau. Ce culte présentait des similitudes avec les rites chrétiens : baptême, hostie, repos du dimanche. Il prend une telle ampleur qu'en 274 l'empereur Aurélien le déclare religion d'Etat et fixe la célébration au 25 décembre.
On notera aussi que dans les pays nordiques la fête de la lumière du jour du solstice d'hiver était le 21 décembre.
Avec l'essor du christianisme, il devient urgent d'établir un calendrier des célébrations et c'est ainsi que se met en place la célébration de Noël au 25 décembre.

La crèche de Noël
C'est une tradition catholique arrivée en Occident avec Saint François d'Assise au 13ème siècle dans un souci de catéchèse pour la population. A partir de cette initiative, on se met à faire des crèches pour Noël dans les églises. Les crèches familiales apparaissent au 17ème siècle pour se développer au 18ème.  Cette crèche va comporter les personnages qui figurent dans les évangiles de l'enfance : Marie, Joseph, l'Enfant Jésus, les bergers et leurs moutons. Les santons apparaîtront en Provence dans le même temps.
Pour les catholiques, la crèche aide à vivre le sens religieux de la fête de Noël. Elle sert à montrer que Dieu a pris la condition humaine et a vécu dans des conditions de grande pauvreté. Pour les croyants, la crèche est l'occasion de prier en famille pendant le temps de Noël et d'entrer dans les églises pour être en relation avec Dieu.

L'âne et le bœuf
Ces deux animaux apparaissent aussi dans les crèches et pourtant on n'en parle pas dans les évangiles reconnus par l'Eglise. Il faut se référer aux évangiles apocryphes, évangiles qui ont eu un impact important sur l'imagination populaire.
Par contre l'âne comme le bœuf sont présents dans l'Ancien Testament : l'âne est l'animal fidèle à son maître alors que le peuple de Dieu lui est infidèle. C'est la monture sur laquelle Jésus a voulu entrer dans Jérusalem le jour des Rameaux.
Dans Isaïe, le bœuf reconnaît aussi son créateur. Animal des travaux difficiles, il porte le joug, il porte le bois et , à la fin de sa vie, est sacrifié pour le repas. Jésus, dans sa passion, porte le bois pour monter au calvaire.

Les bougies de Noël
Elles rappellent le symbolisme de la lumière : pour les chrétiens, au cœur de la nuit de Noël, Jésus est la vraie lumière du monde qui éclaire tout homme.

L'arbre de Noël et le sapin
L'arbre de Noël est une coutume chrétienne qui s'enracine au Moyen Age autour de deux symboles religieux : la lumière et la vie.
En effet, les " mystères " au Moyen Age (représentations religieuses données sur les parvis des églises) connaissaient un vif succès. On parlait du " Paradis perdu ", d'Adam et Eve, de l'attente d'un sauveur à Noël et ce paradis était figuré par un arbre chargé de fruits placé au centre de la scène. Voilà l'origine de l'arbre décoré à Noël. L'arbre du Paradis que représente le sapin de Noël s'appuie sur un symbolisme humain très ancien : l'arbre est la représentation du monde et de la vie. De plus on notera que chez les celtes le sapin est l'arbre de l'enfantement.
Le sapin ne sera effectivement introduit qu'au 16ème siècle en Alsace et au 18ème siècle on commence à l'éclairer.

Le gui et le houx
Voilà encore deux plantes qui entrent dans le décor de nos fêtes de fin d'année. Pour en découvrir le symbolisme, il faut remonter à de vieux rites pré-chrétiens. On utilisait ces plantes dans la décoration des maisons pour les saturnales.
Le gui chez les Gaulois est une plante sacrée avec des pouvoirs de guérison et de protection contre les sorts. Il évoque aussi dans l'Antiquité, la paix. Accroché au seuil des maisons, il devient ainsi signe de paix et d'hospitalité.. Ce symbolisme rejoint la tradition chrétienne : Jésus, " prince de la paix ".
Le houx protégeait aussi des mauvais sorts et de la foudre. On y ajouta un symbolisme religieux : références au buisson ardent de Moïse dans le livre de l'Exode et à la couronne d'épines de Jésus dans sa passion.

Les cadeaux - Le père Noël
La coutume d'offrir des cadeaux à Noël remonte à l'antiquité : on échangeait des cadeaux au solstice d'hiver en l'honneur de la déesse Strenia (d'où le nom d'étrennes). Ce sont des personnages mythiques qui distribuaient des jouets aux enfants.
Le père Noël est apparu au 19ème siècle dans un souci de laïcisation de la fête de Noël. Il a supplanté la tradition chrétienne liée à Saint Nicolas au culte très répandu en Orient, et encore présent dans les pays du Nord,  puis l'Enfant Jésus qui prit la relève. Saint Nicolas, importé aux Etats-Unis où il devient Santa Claus, revient en Europe sous la forme du père Noël vers les années 1825. Sa carrière commerciale commence en 1931 comme support publicitaire de la firme Coca-Cola.

La couronne de l'Avent
Elle est née au 16ème siècle en Allemagne pour que les chrétiens préparent la grande fête de Noël. C'est un cercle qui rappelle au chrétien que chaque année c'est la période où Jésus revient. Faite de branches de sapin, de laurier, de houx, de gui, de pomme de pin et de rubans de couleur, elle porte quatre bougies qui s'allument au long des quatre semaines de l'Avent.
Quant au calendrier de l'Avent, il trouve aussi son origine en Allemagne. Basé sur des images pieuses à l'origine, on voit vite se transformer et  des bonbons ou des cadeaux remplacent les images pour chaque jour de l'Avent.

Yvon Garel
DDEC Côtes d'Armor
1er septembre 2005
Sklerijenn 37
Créé le 27/09/2012
Modifié le 27/09/2012